Tamanrasset: 18 mois de prison ferme requis contre le journaliste Rabah Karèche

Le procureur général près la Cour de Tamanrasset a requis ce lundi 04 octobre, 18 mois de prison ferme contre le correspondant du journal Liberté Rabah Karèche, selon notre journaliste khaled drareni.

Le journaliste Rabah Karèche a été condamné en première instance le 12 août à une peine d’un an de prison, dont 8 mois ferme.

le correspondant du journal Liberté est poursuivi pour “création d’un compte électronique pour y publier des renseignements pour la promotion d’un programme d’idées, d’informations, dessin ou photo susceptibles de provoquer la discrimination et la haine dans la société”, “atteinte à l’intégrité du territoire national” et “propagation des informations ou nouvelles, fausses ou calomnieuses, susceptibles de porter atteinte à la sécurité ou à l’ordre publics” conformément à l’article 34 de la loi relative à la prévention et à la lutte contre la discrimination et le discours de haine et aux articles 79 et 196 bis du code pénal.

Le verdict  sera prononcé le 11 octobre prochain.

Suivez le déroulement du procès du journaliste Rabah Kareche avec Khaled Drareni
→10h20
Début du procès du journaliste Rabah Kareche à la Cour de justice de Tamanghesset en présence des avocats Assoul, Bakouri, Batir, Badi et Bouchachi et des témoins
Rabah Kareche comparaît par vidéo conférence
→Le président de Cour demande à Rabah Kareche la raison pour laquelle il a fait appel de sa condamnation et que signifiait selon lui le terme de collaborateur de presse
→Le président de la Cour demande le contrat de travail de Rabah Kareche avec le journal Liberté
Les avocats le présente
→Le président de la Cour précise à Kareche qu’il n’est pas poursuivi pour un délit de presse, mais pour des publications sur les réseaux sociaux aui visent à répandre un discours de haine
Kareche conteste
→Le président de la Cour reproche à Kareche d’avoir partagé le lien des articles de Liberté sur ses réseaux sociaux
→La conseillère du président de Cour reproche au journaliste d’avoir partagé le lien du journal Liberté, « vous auriez du laisser le public lire l’information sur le site de Liberté et ne pas le partager sur vos réseaux sociaux »
Le président de Cour entame ses questions sur le contenu des articles
→Le président de Cour reproche à Kareche le contenu des articles et les mots et expressions utilisés dans les articles sur le Ahaggar
Le président dit qu’il n’y a jamais eu de découpage administratif, les avocats contestent et présentent une copie du décret attestant de l’existence du nouveau découpage administratif sur lequel les autorités sont revenues
→Le président de Cour interroge Kareche sur les titres des articles,
« J’ai passé toute la nuit à lire vos articles »
Réponse de Kareche : « tant mieux »
→Question du procureur :
Vous dites que vous avez transmis avec sincérité la parole des manifestants, vous êtes correspondant d’un journal, vous avez dit que les manifestants ont attendu le wali pendant des heures, ils l’ont vu par la suite, pourquoi ne pas avoir précisé cela ? Que le wali les a finalement reçus ?
Réponse de Kareche : le wali a refusé de les rencontrer, il a changé d’avis quand les journalistes sont partis
Question du procureur :
Quand vous avez envoyé les articles à Liberté, avez-vous vous transmis au journal votre avis personnel sur cette question à la rédaction du journal ?
Réponse de Kareche : j’ai transmis les informations sans donner mon avis personnel
Question du procureur :
En tant que correspondant, pourquoi avoir aussi publié les articles en question sur les réseaux sociaux ? L’article sur la version papier et sur le site web suffisent.
→Le président de Cour :
« Vous n’êtes pas poursuivi pour un délit de presse, (plusieurs fois répétée), la Constitution ne me le permet pas ».
« Quel était votre réel but en publiant les articles sur vos réseaux sociaux ? »
→Zoubida Assoul s’adressant au président de Cour : « Toutes vos interventions face à Rabah Kareche sont à charge, vous êtes le juge ou le procureur ? »
→Le président de Cour à Kareche : « avez-vous publié le démenti du ministère de l’Intérieur concernant le découpage administratif ? »
• Réponse de Kareche : « non, j’étais en prison ».
→11h10
Début de l’audition des témoins
Premier témoin : l’épouse de Rabah Kareche
Les autres témoins sont des notables de la ville
→Le président de Cour interroge le maire de Tazrout : « pourquoi avoir fait un démenti sur l’interview que vous avez accordé à Rabah Kareche ? »
Réponse du notable : « le wali de Tamanrasset me l’a demandé »
→Un des notables (témoin) au président de Cour :
« Je connais Kareche depuis onze ans, il a toujours porté notre voix et nos préoccupations à travers ses articles sur Liberté ».
« Je fais partie de ceux qui ont demandé à Kareche de venir à Tazerout et parler de notre refus de ce découpage administratif (…) Comment le directeur du journal est en liberté et le journaliste qui a écrit l’article est en prison? »
Réponse du président de Cour : « Kareche n’est pas poursuivi pour un délit de presse ».
→11h42
Le procureur requiert 18 mois de prison ferme à l’encontre du journaliste Rabah Kareche (qui a déjà purgé six mois)
Début des plaidoiries avec Me Abdelghani Badi
→Plaidoirie de Me Abdelghani Badi :
« Bouteflika a mis un seul journaliste en prison, ces deux dernières années plus de 15 journalistes ont été mis en prison (…) si Kareche était dans un pays qui respecte les libertés et la loi il ne serait jamais en prison »
→11h56
Début de la plaidoirie de Me Bakouri Amirouche
« Plein de journaux évoquent la colère dans l’Ahaggar mais on se focalise sur le journal Liberté (…) l’article en français n’est pas agressif, mais quand on le traduit à l’arabe ça devient effrayant pour certains. Déterrer la hache de guerre devient إخراج شاقور الحرب »
→12h15
Début de la plaidoirie de Me Zoubida Assoul
« Le procureur requiert 18 mois de prison ferme sans même étayer son réquisitoire et nous expliquer sur quoi se base-t-il pour demander une telle peine pour Rabah Kareche (…) Rabah Kareche a ouvert son compte Facebook il y a dix ans, il ne tombe donc pas sous le chef d’inculpation de Creatude site électronique en vue de répandre de fausses nouvelles »
→12h36
Début de la plaidoirie de Me Batir
« Rabah Kareche n’a fait que son travail de manière honnête, il n’a fait que rapporter les faits. »
→12h50
Début de la plaidoirie de Me Mostefa Bouchachi
S’adressant au président de Cour : « Quand vous venez le matin au tribunal pour faire triompher la justice, vous avez une lourde responsabilité »
→Verdict dans le procès en appel de Rabah Kareche le 11 octobre 2021