Le dossier du journaliste Khaled Drareni renvoyé au tribunal correctionnel

Le journaliste Khaled Drareni passera, ce lundi 6 juillet soit au lendemain de la Fête de l’Indépendance et de la Jeunesse, son 100e jour en prison.

En détention provisoire depuis fin mars, le journaliste, incarcéré au même titre que les deux militants et activistes Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche – qui ont été remis en liberté provisoire – et pour les mêmes motifs, s’est vu refuser la demande de libération formulée par les avocats de la défense, comme il n’a pas été non plus concerné par la grâce présidentielle décidée par le président Tebboune à l’occasion du 5 juillet.

Un maintien en détention qui n’est pas passé inaperçu : sur la toile, les internautes, les proches de Khaled et ses confrères, ont exprimé leur déception et tristesse, pendant que d’autres, septiques à force de mauvaises interprétations et de faux rapports sur l’authenticité et l’intégrité même du journaliste emprisonné, ont aussi fini par glisser des mots de soutien et de solidarité, avec l’appui d’un entretien dont les propos sont désormais qualifiés d’historiques et repris par le discours officiel : celui du président français Emmanuel Macron, à l’époque candidat durant sa visite à Alger, qui a pointé dans un entretien accordé à Khaled Drareni, des crimes contre l’humanité commis par la France durant la période coloniale en Algérie.

Comment la personne qui a réussi à décrocher de telles déclarations se retrouve-t-elle aujourd’hui en prison ? C’est aberrant et scandaleux ! , s’interrogent les gens.

Il faut dire que la sortie de plusieurs détenus, parmi lesquelles des figures emblématiques du Hirak, a redonné espoir quant à un dénouement heureux pour Khaled Drareni et sa famille, un espoir qui toutefois ne s’estompe pas, le président Tebboune multipliant de les messages d’apaisement.

Le dossier de Khaled Drareni a été renvoyé, ce lundi, au tribunal correctionnel, en attendant le jour du procès qui peut, selon l’avocat, Me Abdelghani Badri, survenir à n’importe quel moment à compter d’aujourd’hui et pour les trente jours à venir.

Sur les réseaux sociaux, des appels massifs et récurrents à libérer le journaliste s’enchaînent et se multiplient. Pour les internautes, militants et journalistes, la joie après la sortie de Karim Tabbou, Amira Bouraoui, et bien d’autres détenus, ne serait satisfaite et complète tant que Khaled reste derrière les barreaux.