Le colonel Achour de la protection civile raconte le supplice du jeune Ayache à M’sila

« Tous les protocoles et délais d’intervention ont été “respectés” pour sauver le jeune Ayache Mahdjoubi » c’est ce qu’a affirmé ce lundi à Alger, le colonel Farouk Achour, directeur de l’information et des statistiques à la Direction générale de la Protection civile.

Lors de son passage à la Radio chaine 3, pour l’émission ‘l’invité de la rédaction’, le colonel a assuré que « Tous les protocoles, qui sont universels, ainsi que les délais d’interventions ont été respectés, Il y a eu la mise en place d’un poste de commandement relié avec la Direction générale de la Protection civile et une cellule de crise reliée à la wilaya de M’Sila. Chaque intervenant a assumé sa part de responsabilité »,  Réfutant ainsi toute “défaillance” pour secourir le jeune Ayache, il a ajouté que « tous les moyens ont été réquisitionnés par la wilaya, dont tous les techniciens spécialisés en hydraulique et ceux pratiquant ce genre de forage ont été associés à l’opération de secours, afin d’expliquer la nature du terrain ».

Le colonel Achour a ensuite détaillé les étapes d’intervention à partir du moment où  “l’appel de détresse a été reçu mardi à 13 h 40”, faisant savoir que l’unité secondaire de la Protection civile de Beni Serrour, appuyée par celle de Boussaâda “s’est dépêchée sur les lieux avec des plongeurs pour s’enquérir de la situation exacte”.

à gauche : Ayache Mahdjoubi, 26 ans, tombé pour des raisons encore inexpliquées 
dans une canalisation verticale d’une centaine de mètres de profondeur 
et de 35 cm de diamètre

Après l’opération de reconnaissance, le chef d’unité de Boussaâda a informé son supérieur, à savoir le directeur de la Protection civile de la même localité, lequel s’est “immédiatement” rendu sur les lieux, a-t-il poursuivi, notant que ce responsable a recommandé d’adopter “une technique spécifique” de sauvetage.

Pris au piège à un niveau de 30 mètres d’un puits artésien de plus de 100 mètres de profondeur et de 35 centimètres de diamètre, sis dans le village d’Oum Cheml dans la commune d’El Houamed, à 75 km au Sud-ouest de M’Sila, le jeune Ayache n’a pas survécu à sa chute, la caractéristique du puits ayant empêché l’avancée “rapide” des opérations de sauvetage, a déploré le colonel Achour, faisant savoir qu’après détection de la présence du défunt, “la première mesure a été de l’alimenter en oxygène”, lui permettant ainsi de survivre pendant 5 jours.

Le colonel de la protection civile poursuit en expliquant qu’un puits artésien est “différent” du puits ordinaire, le premier étant “une exsurgence d’où l’eau jaillit spontanément ou par forage”, l’hôte de la radio dit que la canalisation du puits ayant enseveli la victime se situe à 60 mètres au-dessus du sol et que son sauvetage a été contrarié par “la particularité géologique de la région”.

A cela, s’est greffé un autre empêchement, celui de “la remontée massive” de l’eau, au fur et à mesure du creusement du puits, ce qui a nécessité la “combinaison” de deux processus simultanément, à savoir, “continuer à creuser tout en évacuant l’eau”.

« L’opération de sauvetage n’a pas échoué. Il a été impossible d’engager les secours à partir de la surface car il y avait risque d’effondrement et d’éboulement, il a fallu creuser lentement pour atteindre la victime en vie, tout en évitant de mettre en péril la vie des sauveteurs », a-t-il détaillé, avant d’ajouter : « c’est le recours à la caméra thermique qui avait permis la “localisation de la position de la victime ».

Cette dernière, a poursuivi le colonel Achour, « est tombée aux environs de 36 mètres de profondeur », ajoutant que c’est cette même “technologie de pointe” qui a permis de déduire la mort de l’accidenté, dès lors qu’il y avait absence de toute “signature thermique”, à savoir la chaleur dégagée d’un corps encore en vie.