Justice : 10 organisations internationales exigent de l’Algérie la libération de Abdellah Benaoum

Abdallah Benaoum est un militant algérien qui se trouve en détention provisoire depuis 11 mois.

Il avait publié sur Facebook des opinions critiques à l’égard des autorités tout en s’opposant à la tenue d’élections présidentielles du 12/12.

Aujourd’hui son état de santé est critique et il aurait besoin de subir en toute urgence une opération du cœur, sauf que les autorités algériennes compétentes refusent de lui accorder l’accès aux soins médicaux dont il a besoin.

Pour rappel : Le 9 décembre 2019, trois jours avant l’élection présidentielle contestée, la police d’Oued Rhiou, ville située dans la province de Relizane, avait arrêté Abdellah Benaoum ainsi qu’un autre militant, Khaldi Ali1.

Le procureur du tribunal de première instance de Relizane avait inculpé les deux hommes d’« outrage aux institutions de l’État », « atteinte à l’intégrité du territoire national », « atteinte à l’intérêt national », « démoralisation de l’armée », « tentative de faire pression sur les magistrats dans le cadre d’affaires en instance » et « provocation à un attroupement non armé », au titre des articles 146, 79, 97, 75, 147 et 100 du Code pénal.

Le jour de son procès, le 16 juillet, Abdellah Benaoum ne tenait pas debout et ne pouvait pas parler, selon son avocat. Le juge a finalement accepté de faire appel à un médecin trois heures après le début de l’audience. Le médecin conclue que l’accusé n’était pas en état de prendre part au procès.

Le juge a rejeté la demande de libération provisoire déposée par son avocat. Le 2 septembre, il rejette une nouvelle demande. La prochaine audience a été fixée au  27 octobre.

Afin d’éviter à Abdellah Benaoum de connaitre la même fin tragique qu’a connu feu Kamel Eddine Fekhar, mort le 28 mai 2019 en détention à l’âge de 55 ans, après avoir observé une grève de la faim pendant 50 jours pour protester contre sa détention illégale, des organisations mondiales  signataires d’un communiqué demandent à l’Algérie de respecter ses engagements découlant du droit international relatif aux droits humains, et de libérer Abdellah Benaoum immédiatement et sans condition.

Signataires : 

  • Amnesty International
  • Article 19
  • CGATA (confédération générale autonome des travailleurs en Algérie)
  • CIVICUS
  • Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) dans le cadre de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme
  • Institut du Caire pour les études des droits de l’homme (CIHRS)
  • Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT), dans le cadre de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme
  • Riposte Internationale
  • SNAPAP (syndicat autonome des personnelles d’administration publique)
  • SESS (syndicat des enseignants du supérieur solidaires)