“Jeune Afrique” absent des kiosques algériens depuis le 23 avril 2018 mais pourquoi ?

Dans un article publié le 24 mai 2018, la rédaction de Jeune Afrique a décidé d’apporter des explications quant à l’absence du magazine des kiosques algériens qui dure depuis le 23 avril. “L’absence de Jeune Afrique ne relève pas de notre choix, mais d’une décision qui nous a été imposée par le gouvernement algérien sans concertation et sans consultation”, écrit Farid Alilat, journaliste et rédacteur de Jeune Afrique.

“Fin mars, notre distributeur sur place reçoit une notification du ministère algérien de la Communication dans laquelle il lui est demandé de ne plus importer Jeune Afrique ainsi que d’autres titres édités par Jeune Afrique Media Group (The Africa Report et LaRevue). Seul un quota de 350 exemplaires de JA, destiné aux diverses institutions, est autorisé à l’importation”, explique-t-il.

Selon l’article, de nombreux titres internationaux sont concernés par l’arrêt de l’importation. Parmi eux Le MondeLe FigaroAfrique MagazineParis Match, L’Equipe ou Le Canard Enchaîné. Cependant, seul Jeune Afrique demeure indisponible chez les buralistes de la capitale et d’ailleurs.

Farid Alilat explique que sous couvert de l’anonymat, un conseiller au ministère de la Communication a expliqué à la rédaction de JA : « Il n’y a aucune censure qui frappe Jeune Afrique, rassure-t-il. En raison de la politique d’austérité imposée par la crise, le gouvernement a décidé de serrer la vis sur les importations. Aucun secteur n’est épargné. La presse étrangère est donc concernée. C’est une mesure temporaire qui peut être levée à un moment opportun”.

“On peut encore importer des kiwis, du Nutella, des bananes, des Kinder Surprise, ou de la mayonnaise en tube mais pas la presse étrangère”, réagit-il. “On connaît suffisamment le caractère chatouilleux et ombrageux des responsables algériens quand ils entendent des critiques qui mettent en cause, étrillent ou questionnent leur mode de gouvernance”, ne manque-t-il pas de rappeler. “Aberrant, désuet et surtout en porte-à-faux avec les accords que l’Algérie a signé avec l’UE. Le droit de la libre circulation de l’information doit être garanti et protégé comme le droit à la libre circulation des personnes”, conclut-il.