Il parle d’immigration, il fait polémique ; C’est le pacte de Marrakech

Un texte international sur les migrations, a été approuvé formellement lundi 10 décembre à Marrakech (Maroc), et suscite de nombreuses incompréhensions.

Le texte est un pacte mondial pour les « migrations sures ordonnées et régulières » piloté par l’ONU, il part du postulat suivant : «  Les migrations ont toujours fait partie de l’expérience humaine depuis les débuts de l’histoire, et nous reconnaissons qu’à l’heure de la mondialisation elles sont facteurs de prospérité et d’innovation et de développement durable, et qu’une meilleure gouvernance peut permettre d’optimiser ces effets positifs. » ONU

Le texte indique aussi dans son préambule : «  il favorise la coopération internationale en matière de migration entre les acteurs compétents, et respecte la souveraineté des Etats et les obligations que leur fait le droit international. »Il précise également : « Le présent Pacte mondial établit un cadre de coopération juridiquement non contraignant».

Le sujet des migrations internationales est sensible, et provoque de nombreuses controverses dans les sociétés occidentales de nos jours, raison pour laquelle l’existence de ce pacte a suscité un sentiment d’inconfort chez les leaders d’extrême droite comme Marine Le Pen(France): « Celui qui signe ce pacte, signe un pacte avec le diable », ou les leaders populistes comme les groupes de « gilets jaunes » qui ont multiplié ces derniers jours les critiques contre ce texte, qui ferait venir des centaines de milliers, voire des « dizaines de millions », de migrants.

159 pays membres de l’ONU ont signé le pacte.

Angela Merkel (Allemagne) et Justin Trudeau (Canada) étaient notamment présents.

Que contient le texte ?

Il s’agit d’un document de quarante et une pages, qui fixe vingt-trois objectifs pour « améliorer la coopération en matière de migrations internationales », parmi eux :

  • Mieux connaître les flux au moyen de collectes de données précises ;
  • en amont, lutter contre les « facteurs négatifs et les problèmes structurels » qui poussent les individus à quitter leur pays ;
  • rendre plus accessibles les filières légales de migration, fournir des preuves d’identité à chacun, « veiller à l’invariabilité et à la prévisibilité des procédures migratoires » ;
  • rendre les périples migratoires moins dangereux, « sauver des vies » par une action internationale coordonnée, lutter contre les passeurs et la traite des personnes ;
  • mieux gérer les frontières, limiter le recours à la rétention administrative, renforcer la coopération consulaire.