Le CPJ demande au Premier ministre de libérer Saïd Chitour

Le 22 novembre 2017, le Committee to Protect Journalists (CPJ), une organisation indépendante de défense de la liberté de la presse, a adressé une lettre au Premier ministre Ahmed Ouyahia demandant la libération du journaliste Saïd Chitour détenu depuis le 05 juin dernier à la prison d’El Harrach après son arrestation à l’aéroport Houari Boumediene.

Saïd Chitour est accusé en vertu de l’article 65 du Code pénal algérien : « Est puni de la réclusion perpétuelle, quiconque, dans l’intention de les livrer à une puissance étrangère, rassemble des renseignements, objets, documents ou procédés dont la réunion et l’exploitation sont de nature à nuire à la défense nationale ou à l’économie nationale ». L’affaire a été renvoyée devant le tribunal criminel par la Chambre d’accusation près le tribunal de Bir Mourad Raïs le 12 Novembre.

Sherif Mansour, coordinateur pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord du CPJ, demande dans la lettre l’abandon des charges et la libération immédiate du journaliste : « En l’absence d’une quelconque preuve que Saïd Chitour a fait autre chose que son travail de journaliste, nous vous exhortons d’assurer qu’il sera immédiatement libéré et que toutes les charges seront abandonnées ».

Mansour soutient que le journaliste algérien a nié avoir été en possession de documents du type décrit dans les accusations qui pèsent contre lui. Il ajoute que Said Chitour souffre de plusieurs maladies chroniques et que sa détention détériore de jour en jour son état de santé.

Le coordinateur du CPJ rappelle dans cette lettre un passage radio du Premier ministre, le 25 octobre dernier sur Alger Chaîne III, durant lequel il a réaffirmé l’engagement de l’Algérie à protéger la liberté de la presse et à ne poursuivre aucune personne pour ses positions critiques envers le gouvernement.