Abdelmadjid Tebboune : Si le Hirak est revenu, c’est juste pour “rappeler”

Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a accordé, dans le cadre de ses rencontres périodiques régulières avec la presse nationale, une entrevue à des responsables de médias nationaux, lors de laquelle il a abordé nombre de questions nationales et régionales

Répondant aux questions de deux journalistes : Djalal Bouati, rédacteur en chef du journal El Khabar, et Abdelwahab Djekoune de la nouvelle République, le président de la république Abdelmadjid Tebboune s’est confié dans un langage sommaire, qui se veut vulgarisant de la situation économique, et surtout politique du pays.

Lors de cette entrevue, ce qui semble être le fer de lance du discours du président sont les élections législatives suivant la dissolution du parlement, une échéance politique très importante aux yeux du président Tebboune, qui la considère la pierre angulaire autour de laquelle se construira la vraie nouvelle Algérie.

Répondant à une question concernant la restructuration ministérielle effectuée dimanche dernier (décret présidentiel signé dimanche n 78 portant remaniement ministériel), le président Tebboune justifie un remaniement timoré, à cause de la situation instable du pays, il déclare à ce propos : «  ce n’est pas le moment pour un changement profond » et surtout parce que «  le vraie changement viendra des législatives, auxquelles les parties opposantes, les jeunes, et tous ceux désireux d’un réel changement » déclare alors Abdelmadjid Tebboune, justifiant les ( six ) département ministériels touchés par ce remaniement, un fait politique jugé « insuffisant » compte tenu du bilan politique de l’année 2020, et de la pression du Hirak qui a regagné la rue.

Abdekmadjid Tebboune conclut ce chapitre en annonçant un changement profond dans « 3 mois »

A propos du Hirak :

En commençant son propos sur le Hirak, Abdelmadjid Tebboune était clair, et fait d’abord une distinction franche entre ce qu’il appelle lui : Hirak Mubarak «  Asli » originel, «  et non pas ce qu’il en est advenu par la suite » déclare le président.

Pour lui, il y aurait effectivement des citoyens qui marchent encore pour des vraies raisons, et revendications, mais ils sont «  une minorité » le président algérien parle alors d’un complot déguisé, qui surferait sur la vague Hirak, afin de nuire à l’Algérie, lesdites parties malveillantes seraient « marocaines, françaises ..», elles activerait aussi à travers des sites d’information « financés par de l’argent extérieur » .

« Nous avons célébré deux anniversaires du Hirak » continue Abdelmadjid Tebboune, avant de rajouter «  j’avais commencé à revendiqué avant même le Hirak, et mes propos étaient plus forts avant, que ceux du Hirak aujourd’hui (rires) »

Si le peuple est ressorti aujourd’hui, pour Abdelmadjid Tebboune ceci n’est qu’un rappel « afin que nous continiuons à travailler, et à construire.. » affirme M. Tebboune

« 10 millions d’algériens sont avec moi » continue A.Tebboune, en disant que ce sont là, la minorité silencieuse, celle qui fait son soutien indéfectible, 10 millions qui seraient même issus du Hirak « originel », en plus des 8.5 d’algériens qui vivent dans les « zones d’ombre » et qui soutiendraient tous le président Tebboune, toujours selon lui.

Le président a aussi évoqué l’armée algérienne, et son rôle dans le dessin politique d’aujourd’hui :

« Je peux vous assurer que l’Armée algérienne est parmi les armées les plus disciplinées du tiers monde. Elle fait partie des armées qui respectent et appliquent strictement les  consignes de son Président de la République », a confié encore Abdelmadjid Tebboune. Le Chef de l’Etat a exprimé également son étonnement face à ce qu’il a qualifié de « rumeurs » et de « fausses informations » ayant circulé récemment en Algérie en annonçant sa prochaine démission de son poste de Président de la République. « Les Algériens ont été manipulés par de nombreuses rumeurs malsaines qui ont voulu leur faire croire que j’allais démissionner parce que des malentendus ont apparu entre moi et l’Armée. Ce sont de purs et simples mensonges », a souligné encore Abdelmadjid Tebboune.

Sur le dossier des détenus d’opinion :

Abdemadjid Tebboune considère qu’il n ya pas eu de détenus d’opinion, « hormis deux ou trois personnes, le reste ont été emprisonnés parce qu’ils insultent, et nuisent à autrui à travers leurs publications » décale le chef de l’état.

Concernant la décision de la grâce présidentielle, Tebboune explique: « Des décisions ont dû être prises, car certains des détenus étaient en prison avant même les élections présidentielles, et nous voulions un nouveau départ, mais malheureusement, certains disent que c’est une décision faible, or je le dis, elle émane d’une position de force. » conclut Abdelmadjid Tebboune.