Il y a 8 ans, Oum Dormane

Le 18 novembre 2009, une date qui restera gravée à tout jamais dans l’esprit de milliers d’Algériens, petits et grands, amoureux du ballon rond ou pas.

Ce jour là, ils avaient tous les yeux rivés sur le Soudan où l’Algérie disputait son match barrage face aux Pharaons d’Egypte, pour le compte des éliminatoires du Mondial 2010 de football.

Les Verts battus au match retour par les Egyptiens (2-0) au Caire, et dont le bus a été caillassé, se devaient de tenir leur revanche.

Et celle-ci n’était pas devenue uniquement la leur, mais celle de tout un peuple.

Après 24 ans d’absence, l’Algérie se trouvait enfin aux portes du Mondial.

Huit ans sont passés, mais le souvenir de ce jour est toujours présent. Supporters, journalistes et surtout joueurs, ont bien voulu se remémorer avec nous cette date historique du football algérien.

Parmi eux, Lounes Gaouaoui, le gardien de but des Verts de l’époque qui s’en souvient

Alors qu’il avait disputé tous les éliminatoires avec ses coéquipiers, Gaouaoui, a du suivre le match barrage sur le banc. Le portier des Fennecs avait été suspendu pour cumul de cartons, et même sur le banc, cela ne l’a pas empêché de vivre cette rencontre pleinement.

Lounes Gaouaoui : « Nous avions tout un peuple derrière nous »

Aujourd’hui, il nous en reparle : « Nous avons vécu une grosse pression, nous avions tout un peuple derrière nous, et notre seul souci était comment lui procurer de la joie après 24 ans d’absence »

Pour Gaouaoui, le moment le plus intense était sans nul doute le fameux but marqué par Antar Yahia : « Je me souviens qu’au moment ou Antar Yahia a marqué le but j’étais le premier à être sur le terrain, je me suis mis à genou…une fois le match terminé, c’était l’euphorie.

Karim Matmour : « un moment inoubliable »

Karim Matmour, l’ex international algérien, s’est lui aussi confié à nous à ce sujet : « je garde un très bon souvenir de ce dernier match au Soudan, c’était un moment particulier pas que pour moi mais pour tout le monde, avec le temps on en devient nostalgiques car c’est des moment que nous n’avions pas l’occasion de vivre souvent dans une carrière de footballeur, et même en tant que supporter, quand on regarde ce qui s’est passé avant, pendant et après, ça reste des souvenirs inoubliables » avant de poursuivre : « Le moment le plus fort pour moi et que je ne suis pas prêt d’oublier, c’est tout le parcours et les relations humaines qu’on a eus, le match au Soudan était la cerise sur le gâteau, nous étions plus que des coéquipiers mais vraiment une famille et c’est ça qui a été notre force. Tous les joueurs de cette aventure auront toujours une part spéciale dans ma vie, c’est vraiment le sentiment que je garde de cette épopée ».

Un deuxième héros…le peuple

Ce match n’était pas seulement celui des onze joueurs qui se trouvaient sur le terrain, mais aussi de tout un peuple qui a soutenu cette équipe jusqu’à la dernière minute. Certains ont d’ailleurs choisi de suivre leur équipe jusqu’au Soudan, c’est le cas notamment de Kadi, un jeune de Reghaia, qui garde encore en tête tous les détails de cette épopée : « le 14 novembre je devais partir en Egypte mais je n’ai pas pu, quand j’ai vu les images du bus caillassé, j’ai décidé avec plusieurs jeunes de mon quartier de partir au Soudan. Une fois là bas, on avait qu’une seule idée, revenir avec la victoire. À l’entrée du stade, on avait l’impression d’être au 5 juillet ou à Blida, il y avait des milliers de supporters et des drapeaux algériens partout.

« Le but de Antar Yahia, une joie indescriptible »

« Quand Antar Yahia a marqué le but, certains se sont évanouis, c’était une joie indescriptible, je ne trouve pas de mots pour qualifier ce sentiment », précise Kadi.

Et même ceux qui n’ont pas eu l’opportunité de se déplacer, ont vécu ce moment intensément, c’est le cas de Lamine 29 ans : « J’ai suivi le match à la télévision, en compagnie de ma famille, je me souviens juste du moment où le but a été marqué, franchement c’était un jour exceptionnel, on a passé une nuit blanche ».

Oum Dormane, ce n’est pas seulement une journée inoubliable pour les joueurs et les supporters, mais aussi pour les journalistes qui se trouvaient sur place et qui faisaient vivre au public le match, minute par minute.

Djamel, journaliste à la rédaction sportive du quotidien Infosoir, se souvient lui aussi : «Personnellement j’avais le sentiment que la qualification, nous allions la ramener de Khartoum. Au lendemain du match contre l’Egypte, j’avais reçu un coup de téléphone de mon directeur qui me demandait de rentrer mais c’était impossible pour moi de rentrer à Alger, je ne pouvais pas partir alors que la mission n’était pas encore achevée. Dans la soirée du même jour, nous sommes partis au Soudan, nous sommes restés jusqu’à l’arrivée du vol d’Algérie, qui transportait les premiers supporters algériens ainsi que le gardien de but Zemmamouche qui devait remplacer Gaouaoui suspendu. Arrivé à Khartoum, je me suis senti en Algérie, fini l’enfer du Caire, la ville a été envahi par les Algériens, les Egyptiens, étaient quasiment invisibles » et d’ajouter : « Ce que j’ai vécu au Caire et à Khartoum, restera le meilleur souvenir de ma carrière de journaliste. Au retour en Algérie, c’était vraiment un énorme sentiment de soulagement et du devoir accompli ».

Un match qui a marqué toute une génération

Un match qui, le moins que l’on puisse dire, aura marqué toute une génération. Les images de liesses et de joie dans les quatre coins du pays resteront gravés à jamais dans les mémoires, en espérant que le football algérien, revive un jour des moments pareils.