Une vidéo du «New York Times» accuse l’Europe de laisser les migrants mourir en mer

C’est une vidéo de seize minutes, extrêmement documentée, publiée par la section «Opinions» du New York Times le 26 décembre. On y voit un sauvetage d’une embarcation de 150 migrants en Méditerranée, en novembre 2017.

Ce jour-là, vingt personnes se sont noyées. En cause, selon la vidéo : les garde-côtes libyens.

Selon les auteurs de la vidéo, les garde-côtes n’ont pas vraiment pour objectif de sauver les migrants proches de la noyade et compliquent l’intervention d’ONG de sauvetage en mer, comme Sea-Watch, une organisation allemande, présente ce jour-là.

La vidéo montre ainsi le bateau des garde-côtes se rapprocher trop près du canot, si bien que des migrants meurent noyés entre les deux embarcations. Aucun canot de sauvetage n’est mis à l’eau, puis les marins libyens jettent des projectiles contre les humanitaires venus sur les lieux, avant de maltraiter les rescapés montés à bord, parmi ces derniers, certains choisissent même de repartir dans l’eau plutôt que de rester sur le bateau, tandis que les autres seront ramenés en Libye, où ils seront maintenus dans des camps de détention, dans des conditions généralement déplorables.

 

Décision européenne lourde de conséquences

Les auteurs de la vidéo décrivent le processus juridique ayant entraîné ce cas de figure où l’interception prend le pas sur le sauvetage.

En février 2017, l’Italie et le gouvernement d’entente nationale libyen, soutenu par l’ONU, ont signé un accord pour collaborer contre l’immigration clandestine, en vertu de cet agrément, des garde-côtes libyens ont été formés par l’Union européenne, Une zone de sauvetage a également été mise en place, zone que les garde-côtes libyens cherchent depuis à protéger des bateaux humanitaires. Selon les auteurs de la tribune, «c’est une situation idéale» pour l’Italie et l’Europe, «qui peuvent empêcher les migrants d’arriver sur leurs côtes tout en se lavant les mains de leurs responsabilités dans leur sécurité».

La vidéo est produite par le New York Times avec le Forensic Oceanography (organisation qui tient le compte des morts de migrants en Méditerranée) et le Forensic Architecture (un groupe de recherche qui enquête sur les violations des droits de l’Homme)