Saïd Chitour : 200 jours de calvaire

Le journaliste Saïd Chitour passera ce vendredi 22 décembre son deux-centième jour à la prison d’El Harrach à Alger.

Arrêté le 6 juin dernier à l’aéroport Houari Boumediene d’Alger alors qu’il rentrait d’un voyage en Espagne, le journaliste-fixeur sera incarcéré le jour même.

Ce n’est qu’un mois plus tard que l’information de son arrestation sera divulguée.

Mardi 4 juillet 2017, la fête nationale américaine est célébrée comme chaque année à la Villa Montfield, résidence de l’Ambassadeur à El Biar. Un diplomate d’un pays scandinave glisse l’information à quelques collègues à lui. Les diplomates et les journalistes présents n’y croient pas sur le coup, avant de confirmer l’information dès le lendemain.

Saïd Chitour, qui des années durant a été le correspondant en Algérie de la BBC et du Washington Post, est sous le coup de l’article 65 du Code pénal qui prévoit la réclusion criminelle pour quiconque, dans l’intention de livrer à une puissance étrangère, rassemble des renseignements, objets, documents ou procédés dont la réunion et l’exploitation sont de nature à nuire à la défense nationale ou à l’économie nationale.

Le 12 novembre dernier, RSF (Reporters sans Frontières) qui a dénoncé cette incarcération se disait « choquée d’apprendre le renvoi du dossier devant le tribunal criminel et le maintien du chef d’accusation qui pourrait amener Saïd Chitour à passer le reste de sa vie en prison ».

Après 200 jours en prison, Saïd Chitour n’est toujours pas fixé sur son sort et aucune date de procès n’est encore connue à ce jour.