Répressions en Algérie – Résolution d’urgence du parlement européen – Verdict : écrasante majorité (669 voix pour, 2 contre, 22 abstentions)

Le parlement européen s’est réuni aujourd’hui pour statuer de la situation des libertés en Algérie, en particulier l’emprisonnement du journaliste Khaled Drareni, et tous les détenus d’opinion, soulignant la détérioration de la situation des droits de l’homme en Algérie, et le verdict est sans appel : écrasante majorité (669 voix pour, 2 contre, 22 abstentions).

RSF et 15 organisations de la société civile estiment que ce vote est un signal important face à l’intensification de la répression.

Rappelons que c’est la deuxième fois en un an qu’une résolution d’urgence est soumise au Parlement européen pour dénoncer des atteintes aux droits de l’Homme en Algérie.

Le texte exprime la solidarité du Parlement avec « tous les citoyens et citoyennes algériens, quels que soient leur origine géographique ou ethnique et leur statut socioéconomique, qui manifestent pacifiquement depuis février 2019  ». Le texte souligne également « qu’en 2020, les mouvements de défense des droits des femmes ont multiplié les dénonciations des actes de violence de plus en plus fréquents à l’encontre des femmes » et qu’ils ont appelé à « la révision des lois en vigueur, en particulier du code de la famille et de plusieurs articles du code pénal, afin de garantir une pleine égalité entre les femmes et les hommes ». 

le Parlement demande aux autorités de « remettre immédiatement en liberté, sans conditions, Mohamed Khaled Drareni et tous ceux qui ont été détenus et inculpés pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression, que ce soit en ligne ou hors ligne, et à la liberté de réunion et d’association, y compris Yacine Mebarki, Abdellah Benaoum, Mohamed Tadjadit, Abeldhamid Amine, Abdelkrim Zeghileche, Walid Kechida, Brahim Laalami, Aissa Chouha, Zoheir Kaddam, Walid Nekkiche, Nourredine Khimoud et Hakim Addad».

Le Parlement « appuie la demande de Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, en vue de la libération urgente, compte tenu de la pandémie de COVID-19, de tous les prisonniers politiques et de toute personne détenue pour avoir exprimé une opinion dissidente ».

Le texte invite aussi « les autorités algériennes à déverrouiller les médias et à mettre fin à toute arrestation ou détention de militants politiques, de journalistes, de défenseurs des droits de l’homme ou de personnes qui expriment une opinion dissidente ou critique à l’égard du gouvernement »

Selon les articles 3.5 et 21.1 du traité sur l’Union européenne (TUE) ainsi que l’article 2 de l’accord d’association entre l’Union européenne (UE) et l’Algérie, l’Union européenne et ses Etats membres doivent placer les droits de l’homme, y compris le respect des conventions internationales sur les droits de l’homme, au centre de leur coopération bilatérale comme régionale avec l’Algérie. Cela concerne notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont les articles 14, 19, 21 et 22 portent sur les questions de droits de l’homme abordées dans la résolution du Parlement. Ce dernier déclare dans sa résolution qu’il « attend de l’Union européenne qu’elle place la situation en matière de droits de l’homme au cœur de son dialogue avec les autorités algériennes, tout particulièrement lors de la prochaine session du conseil d’association UE-Algérie.

 

Organisations signataires

  • Amnesty International
  • Action pour le Changement et la Démocratie en Algérie (ACDA)
  • Article 19
  • Cartooning for Peace
  • CIVICUS : Alliance mondiale pour la participation citoyenne
  • Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA)
  • Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA)
  • Euromed Droits
  • Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH)
  • Forum de solidarité euro-méditerranéen (FORSEM)
  • Human Rights Watch
  • Institut du Caire pour les études des droits de l’homme (CIHRS)
  • Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH)
  • Riposte Internationale
  • Reporters sans frontières (RSF)
  • Syndicat National Autonome des Personnels de l’Administration Publique (SNAPAP)
Source : RSF