Où en est le débat sur la colonisation deux ans après la déclaration d’Emmanuel Macron ?

Il y a deux ans, jour pour jour, Emmanuel Macron alors candidat à l’élection présidentielle française affirmait à Alger que la colonisation est un crime contre l’humanité. Une déclaration faite lors d’une interview à la chaîne d’informations Echorouk News et qui avait suscité moult réactions aussi bien en Algérie qu’en France.

Le lendemain de cette déclaration, le candidat Macron était contraint de faire un rétropédalage en parlant de crime contre l’humain au lieu de crime contre l’humanité, mais le débat était déjà relancé.

Contacté ce jeudi par Casbah Tribune, l’historien Fouad Soufi revient sur cette polémique qui selon lui n’a pas fait bouger les lignes car l’actualité a vite fait de rattraper le président français.

« La polémique, ce sont les historiens que je qualifie de droite, ceux la même qui ne veulent pas entendre parler de repentance, qui disent que la France a laissé 2000 km de chemins de fers et des hôpitaux, qui l’ont décrétés », affirme Fouad Soufi, qui estime qu’Emmanuel Macron « savait très bien qui allait être contre, les éternels revanchards qui n’ont jamais accepté le principe même de la colonisation ».

Sur le cas de la reconnaissance par Emmanuel Macron en septembre dernier de l’assassinat de Maurice Audin, l’historien estime que c’est un « pas positif, mais que c’est chez nous qu’il y a problème ».

Fouad Soufi dénonce ceux qui continuent à dire aujourd’hui que le chef de l’Etat français a reconnu la responsabilité de la France dans l’assassinat de Maurice Audin car ce dernier était français.

« Maurice Audin n’était pas français, il était algérien, et sa femme a été naturalisée algérienne en 1963, et elle est morte sans savoir où sont les restes de son mari, comme beaucoup de veuves de chahid », estime l’historien qui pense que le débat sur la colonisation est loin d’être clos.