Nassim Belouar : « avec la technologie blockchain, chaque algérien pourra vérifier si son vote est pris en compte »

Nous avons rencontré Nassim Belouar, expert en technologie de l’information, qui développe une idée selon laquelle la blockchain pourrait servir de base à des élections transparentes et vérifiables par chaque algérien, notamment dans le contexte de rupture de confiance actuel.

 

Nassim Belouar, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis un passionné des nouvelles technologies et leurs impacts sur notre quotidien, j’oeuvre modestement depuis 2016 grâce à mes écrits et mes conférences en Algérie et en France à démocratiser la technologie Blockchain et ses apports révolutionnaire. En 2017, j’ai créé aves Redouane Lebik, Blockchain Algeria, pour accompagner les particuliers et les professionnels dans le conseil et la réalisation des projets Blockchain.

 

En quoi consiste la technologie blockchain ?

C’est une technologie qui vient répondre aux deux enjeux du moment, c’est à dire, la confiance et la décentralisation. Nous sommes entrain de connaitre une crise de confiance entre le peuple et les gouverneurs, le système et les règles qu’on a créées il y a plus d’un demi siècle en Algérie.

La Blockchain est une technologie qui permet de stocker et d’échanger des informations d’une façon transparente, sécurisée et anonyme.

Nous avons connus ses cas d’usages au préalable dans des secteurs financiers comme l’envoie des valeurs financières ou bien dans les levées des fonds. Aujourd’hui l’usage devient indispensable dans certains secteurs comme la supply chain ou bien dans le vote.

 

Comment cette technologie pourrait garantir des élections transparentes ?

Il n’est plus possible d’organiser des élections avec les règles traditionnelles. Nous avons l’ensemble des outils afin de faire un saut qualitatif et passer du modèle de scrutin traditionnel à l’usage de nouvelles technologies comme la Blockchain.

Nous retrouvons l’aspect « transparence » pour le citoyen, dans l’organisation du processus électoral et dans le résultat final.

D’abord, les règles du vote seront écrites dans un code informatique. Cet algorithme sera public pour que tous ceux qui le souhaitent jugeront la fiabilité de ce dernier.

Ensuite, la Blockchain apporte une transparence pour le citoyen car  ce dernier peut vérifier si son vote a été pris en compte et dans quelles conditions a été validé.

Et enfin, nous aurons toute la liste des votants (sous forme de pseudonymes) pour faire le compte du résultat final.

Pour organiser cela nous pouvons le faire sous plusieurs formes notamment : vote à distance par Internet, vote par borne Internet, vote par Internet dans un bureau de scrutin, vote par Internet à partir d’une circonscription.

Avec la technologie blockchain, chaque algérien pourra vérifier si son vote est pris en compte.

L’organisation de la présidentielle grâce à la Blockchain est possible. D’ailleurs, je travaille avec Kahina Khacef (enseignante à l’université Paris Descart) pour faire une simulation des présidentielles sur une Blockchain. Ce vote n’aura aucune légitimité juridique, mais nous le ferons juste pour faire de la pédagogie et prouver la possibilité de la mise en place.

 

Pensez-vous que suite a la grande mobilisation populaire, des experts doivent s’organiser pour proposer des solutions ?

Nous sommes en manque non pas de coordination mais de relais et la capitalisation de l’information. Nous avons besoin d’un groupe de personnes qui comprend le langage du peuple et le langage des experts afin de créer un dialogue constructif. C’est d’ailleurs pour cela que le collectif « Watani » est créé.

Ce collectif est constitué d’un groupe d’experts qui non seulement sont une force de proposition mais aussi savent être à l’écoute afin de transformer toute cette énergie positive en des actions concrètes comme proposer une réforme de la constitution, la mise en place de mécanismes de libération des initiatives entrepreneuriales ou bien de nouvelles méthodes de vote grâce à la Blockchain comme je suis en train de le faire.