Mohamed Skander à Ecofin : « L’Afrique est une priorité »

Mohamed Skander, 35 ans, est le co-fondateur et le président depuis janvier 2017 de Jil’FCE, section dédiée aux entrepreneurs de moins de 40 ans du Forum des Chefs d’Entreprise (FCE). Dans une interview donnée à l’hebdomadaire économique suisse Ecofin, il a dressé un bref état des lieux de l’entreprenariat des jeunes en Algérie.

Mohamed Skander a souligné le fait que la conjoncture économique actuelle secondaire à la baisse du prix du baril de pétrole était propice au lancement de nouvelles entreprises. Selon lui, les autorités donnent plus d’importance aux propositions des jeunes entrepreneurs quand les temps sont difficiles : « On ne prie pas pour des cours bas mais oui, d’une certaine manière, on espère que les cours actuels du baril aident à accélérer les réformes en cours ».

Il a envoyé un message très encourageant aux jeunes désireux de lancer leur business en expliquant que les difficultés qu’ils rencontrent dérivent le plus souvent d’une mauvaise connaissance du circuit économique algérien et des outils mis à leur disposition : « Si la banque exige plus de fonds propres, il faut alors aller les chercher chez un investisseur, si elle demande des garanties, il faut alors se rapprocher d’organismes comme l’ANSEJ ou le FGAR pour obtenir une garantie lorsqu’on ne peut pas la mettre en place soi-même et ainsi de suite. C’est plutôt la grille de lecture qu’il faut donner aux jeunes entrepreneurs ». Il a aussi mis en cause un pessimisme et un fatalisme général qui finit par miner leur détermination : « On rabâche aux jeunes que rien n’est pas possible et ils finissent par y croire ».

La route transsaharienne Alger-Lagos sera opérationnelle à partir de 2018. « La transsaharienne peut devenir une épine dorsale des échanges africains. Si les deux poids lourds que sont le Nigeria et l’Algérie impulsent le mouvement, on peut espérer la réelle intégration africaine que l’on attend depuis si longtemps », a dit le président du Jil’FCE en répondant à une question qui lui a été posée sur le sujet. Il a aussi expliqué que l’Afrique était actuellement une priorité au sein du FCE et que beaucoup d’entrepreneurs algériens qui ont tenté l’aventure africaine ont très bien réussi. Lui-même a récemment lancé une filiale de son entreprise de consulting BH Advisory en Mauritanie qu’il a décrit comme « une vraie porte ouverte vers l’Afrique de l’Ouest ». Une éventuelle implantation au Mali de cette société est actuellement en cours d’étude.