Des médecins résidents empêchés de rejoindre Alger par les forces de l’ordre

Dans la soirée du 22 janvier 2018, des médecins résidents ont été interpellés à la gare ferroviaire d’Annaba et ont été empêchés de rejoindre Alger pour assister au sit-in national qui doit y avoir lieu demain 23 janvier.

« Un gendarme est monté à bord du train avant le départ. Il a demandé un médecin. L’un de mes collègues a répondu à l’appel en pensant qu’il y avait urgence médicale. Le gendarme, s’étant rendu compte que nous étions un groupe de huit médecins, nous a demandé de descendre du train », nous confie l’un des médecins résidents concernés. « Après cela, on nous a demandé d’aller chercher nos bagages en prétextant un contrôle de sécurité. Les gendarmes nous ont assuré qu’après ce contrôle il nous serait possible de rejoindre le train. Dès que nous sommes redescendus avec nos bagages, les gendarmes ont donné ordre au train de démarrer », poursuit-il.

Les résidents toujours décidés à rejoindre la capitale ont tenté de le faire par bus. « Là encore, dès que je suis monté à bord du bus, le receveur m’a demandé si j’étais médecin. J’ai répondu par l’affirmative. C’est alors qu’il s’est empressé d’aller prévenir les gendarmes. J’avais l’impression d’être un dangereux terroriste », nous raconte la même source.  » On m’a une nouvelle fois demandé de descendre mes bagages. Le chef de brigade m’a demandé de le suivre et m’a clairement dit que je ne pouvais pas partir. C’est grave. Il a été interdit à des citoyens algériens de circuler librement dans leur pays ».

Un épisode similaire s’est produit un peu plus tard dans la soirée. Des gendarmes restés à bord du même train ont interpellé un autre groupe de six résidents. Les médecins ont été forcés à descendre du train à la gare déserte d’El Harrouche dans la wilaya de Skikda. Après une fouille et un long interrogatoire, les gendarmes leur ont proposé de les conduire à la gare routière la plus proche pour qu’ils retournent à Annaba ou à l’hôpital pour qu’ils y passent la nuit.