Maroc : Amnesty International appelle à abandonner toutes les charges contre El Mortada Imrachen

Aujourd’hui 2 mai 2018, à la cour d’appel de Salé, ville marocaine proche de Rabat, est prévu l’examen en appel du verdict de condamnation d’El Mortada Imrachen, condamné à cinq ans de prison pour deux messages postés sur Facebook durant l’année dernière, selon un communiqué d’Amnesty International.

Durant les manifestations du mouvement Hirak, qui ont eu lieu dans la région d’Al Hoceïma d’octobre 2016 à juillet 2017, El Mortada Iamrachen, également connu sous le nom d’Abdallah El Kassimi, s’est servi de sa page Facebook pour appeler à manifester pacifiquement et a pris part à certains rassemblements.

Le premier de ces messages, en date du 19 décembre 2016, reprenait des informations parues sur le site d’un organe de presse en ligne concernant l’assassinat de l’ambassadeur de Russie en Turquie et citant ce qu’avait dit le tueur au moment de son acte : « Nous mourons à Alep et vous mourez ici. »

Le second message, publié le 9 juin 2017, résumait un entretien téléphonique entre El Mortada Iamrachen et un individu se présentant comme journaliste. Dans ce message, il racontait qu’il avait répondu sur un mode sarcastique à une question de ce soi-disant journaliste, qui lui demandait s’il avait tenté de faire entrer des armes au Maroc en 2011, sur ordre du chef d’Al Qaïda Ayman al Zawahiri. Il avait répondu, disait-il, avoir effectivement reçu cet ordre d’al Zawahiri lors d’une rencontre avec lui en Afghanistan, à Tora Bora.

Amnesty International appelle les autorités marocaines à abandonner toutes les charges contre El Mortada Imrachen. « Les autorités marocaines doivent abandonner toutes les charges pesant contre El Mortada Iamrachen, qui a été sanctionné pour avoir pacifiquement exprimé son opinion. Il est scandaleux qu’une personne qui se prononce en faveur de manifestations non violentes soit emprisonnée pour des commentaires mis en ligne sur Facebook, sous prétexte d’application de la législation antiterroriste », a déclaré Heba Morayef, directrice régionale du Programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.