Macron reconnaît un «système» de la «torture» en Algérie : Synthèse d’une déclaration historique

La déclaration d’Emmanuel Macron ce jeudi 13 septembre 2018 concernant la responsabilité de l’armée dans la mort de Maurice Audin en 1957, est une décision faisant de ce fait historique une vérité officielle, soixante-et-un ans après les événements. Le chef de l’Etat français s’est rendu en début d’après-midi à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), au domicile de Josette Audin. Et a remis à la veuve du disparu, aujourd’hui âgée de 87 ans, une déclaration reconnaissant que son époux est «mort sous la torture du fait du système institué alors en Algérie par la France».

Comme une suite qui s’imposerait d’elle-même Le président Français a en outre annoncé «l’ouverture des archives sur le sujet des disparus civils et militaires, français et algériens».

Il s’est longuement penché sur la question de la torture devenue l’instrument premier de la guerre coloniale française. Il déclare :

« Ce système s’était installé sans qu’aucune modification n’ait été apportée au Code pénal, sans que les principes de 1789 aient cessé d’être proclamés comme les bases de l’État et sans que les gouvernements aient cessé de dire officiellement que la torture était condamnable, même s’ils s’en prenaient plus volontiers à ceux qui la dénonçaient qu’à ceux qui la pratiquaient »

Plus largement, Emmanuel Macron déclare que «la République ne saurait […] minimiser ni excuser les crimes et atrocités commis de part et d’autre durant ce conflit». Il condamne les «gouvernements successifs» qui, «en échouant à prévenir et à punir le recours à la torture […] ont mis en péril la survie des hommes et des femmes dont se saisissaient les forces de l’ordre». La déclaration annonce enfin qu’«une dérogation générale, dont les contours seront précisés par arrêtés ministériels après identification des sources disponibles, ouvrira à la libre consultation tous les fonds d’archives de l’Etat qui concernent ce sujet».