L’offensive de Riyad bute sur le Liban

Le retour annoncé du Premier ministre libanais Saad Hariri dans son pays marque incontestablement un échec de la stratégie saoudienne au Moyen-Orient.

Riyad a non seulement échoué à contraindre son allié sunnite à rompre avec le Hezbollah chiite affidé à l’Iran, mais il s’est surtout aliéné tous les sunnites libanais qui se sont sentis humiliés par la manière dont a été traité leur leader.

Pire encore, la manœuvre saoudienne a été contre productive dans la mesure où elle a poussé l’ensemble des factions libanaises à faire bloc derrière Hariri au lieu de les diviser.

Rappelons que la crise libanaise a éclaté lorsque le Premier ministre libanais, qui se trouvait à Riyad à la demande du roi saoudien, annonça, contre toute attente, sa démission sur la chaîne Al Arabiya à capitaux saoudiens.

Très vite se répandit la rumeur de sa séquestration par les autorités saoudiennes.

Alors que le président libanais se refuse à entériner la démission au motif qu’elle devait être présentée in personam, le Hezbollah appelle à la libération immédiate du Premier ministre.

Mohamed Ben Salmane qui a durci sa politique régionale n’a connu jusqu’à présent que des revers

Les affirmations saoudiennes selon lesquelles Hariri était libre de ses mouvements n’ayant convaincu personne, c’est finalement le président français Emmanuel Macron qui permit à l’Arabie saoudite de sauver la face en invitant le Premier ministre à faire un détour par Paris avant de rentrer au Liban.

Sur fond d’escalade avec l’Iran et de luttes intestines au sein de la famille Saoud pour la succession au trône, Mohamed Ben Salmane qui a durci sa politique régionale n’a connu jusqu’à présent que des revers.

Au succès militaire de Bachar Al Assad en Syrie et à l’enlisement de la guerre au Yémen s’ajoute à présent le camouflet libanais.

Il semblerait en définitive que c’est la logique même qui sous tend la politique saoudienne qui a atteint ses limites.

Les difficultés financières du royaume traduisent en effet l’impossibilité de concilier sur le long terme une offensive sur plusieurs fronts avec l’usage de l’arme du pétrole contre la Russie en tant principal soutien des ennemis chiites.