Les comités de soutien de Khaled Drareni lancent un appel commun pour sa libération : “cette procédure inique met gravement en danger sa santé”

Craignant une dégradation de l’état de santé du journaliste Khaled Drareni qui est apparu très affaibli à son procès en appel, ses comités de soutien – national et international – lancent un appel commun pour exiger sa libération immédiate et inconditionnelle.

Les comités de soutien de Khaled Drareni, algérien et international, appellent conjointement les autorités algériennes à revenir à la raison, au droit et à libérer immédiatement et sans conditions Khaled Drareni, dont l’état de santé devient particulièrement préoccupant. Si l’acquittement du directeur de Casbah Tribune s’impose depuis le premier jour, tant les accusations qui pèsent contre lui sont absurdes, et son dossier vide, il devient urgent de mettre fin au harcèlement judiciaire dont il est la cible, car la procédure inique engagée contre lui met en danger sa santé.

Lors de son procès en appel qui s’est déroulé le 8 septembre à Alger, le directeur du site d’information en ligne Casbah Tribune, et correspondant de TV5 Monde et RSF en Algérie est apparu très amaigri, mais aussi très affaibli. Khaled Drareni est incarcéré depuis le 29 mars dans la prison de Koléa près d’Alger dans des conditions difficiles.

Le comité national de soutien à Khaled Drareni a été créé au lendemain de la condamnation du journaliste à trois ans de prison, le 12 août. Il est composé d’avocats, de journalistes, d’associations et de citoyens. Ce comité organise des rassemblements tous les lundi devant la maison de la presse à Alger qui réunissent  à chaque fois des dizaines de journalistes. Le comité de soutien international, créé le 23 juillet, et dont est notamment membre Pierre Audin, fils de Maurice Audin, héros de l’indépendance algérienne, a lancé la campagne de sensibilisation #WeAreKhaled. A Paris, RSF a également organisé un événement de solidarité rassemblant plusieurs présentateurs vedettes de la télévision à la veille du procès en appel, devant l’ambassade d’Algérie. A Tunis, un rassemblement à eu lieu le 7 septembre à l’appel de RSF, du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) et d’Amnesty International.

Le procureur de la République a requis quatre ans de prison lors du procès en appel. Khaled Drareni a été condamné en première instance à trois ans de prison pour “incitation à attroupement non armé et atteinte à l’unité nationale”. Le verdict doit être rendu le 15 septembre prochain.

L’Algérie figure à la 146e place sur 180 du Classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF. Elle a perdu cinq places par rapport à 2019 et 27 par rapport à 2015.