Le mouvement pour la démocratie reste vif en Iran

Cela fait plus de sept mois et demi que les manifestations étendues et intenses contre la théocratie iranienne ont commencé. A à la fin de l’année dernière elles ont soudain éclaté dans 142 villes pour être réprimées au mois de janvier. Pourtant nous sommes toujours témoins de manifestations, de grèves parfois à l’échelle nationale et même d’émeutes dans diverses villes d’Iran.

En début d’année, la République islamique d’Iran a tenté de stopper le soulèvement par une répression violente. La théocratie iranienne a reconnu que plus de 5000 personnes ont été arrêtées au cours des manifestations de décembre et janvier alors que les militants des droits de l’homme ont évalué à 8000 mille les manifestants arrêtés et près de 50 les manifestants qui ont été tué. Une quinzaine dans les prisons sous la torture, tandis que les autorités annonçaient qu’ils s’étaient suicidés !

Certains analystes ont fait croire dans les médias que cette fois aussi comme en 2009, le soulèvement avait été stoppé et que la théocratie dominait la situation.

Mais la réalité est différente. Depuis le début de l’année, des centaines de manifestations et de grèves touchent le pays.

Au mois de juillet quelques 1175 manifestations ont été enregistrées.  Les couches qui participent à ces nouveaux mouvements sociaux sont plus diverses et elles sont composées d’agriculteurs, de minorités ethniques, de camionneurs, de commerçants du Bazar, d’ouvriers, de jeunes chômeurs, de retraités, d’enseignants, d’épargnants spoliés, de familles de prisonniers politiques, de femmes…

Les particularités du mouvement

Le déclic pour chaque mouvement a sa propre racine : la pénurie d’eau potable, le manque d’eau pour les agricultures, les catastrophes environnementales, la pauvreté, la misère et la faim, la corruption financière et bancaire, les salaires impayés et la répression. Même les matchs de foot comme à Ahwaz, Téhéran et Ispahan au mois d’août ont été l’occasion de manifester aux cris de « A bas la dictature ».

Bien que l’origine des mouvements soient des revendications économiques, très vites les slogans deviennent politiques et appellent à la chute du régime.

Toutes les factions du régime sont visées par la population et le slogan « Réformateurs, conservateurs, le jeu est terminé » est très répandu. Le président iranien Hassan Rohani est autant visé que le guide suprême des mollahs, Ali Khamenei.

Le point le plus important est la symbiose entre les couches de la population en colère et les unités de résistance en Iran. Ceci inquiète tout particulièrement la théocratie en pouvoir en Iran qui reconnait ouvertement l’impact des Moudjahidine du peuple dans ces mouvements.

Les racines économiques

Contrairement à ce qui est répandu dans certains médias, la racine de ces protestations n’est pas les sanctions américaines qui ne sont pas visées par les manifestants. Les protestations ont commencé bien avant que les Etats-Unis se retirent de l’accord nucléaire. Le soulèvement a commencé en décembre alors que le retrait du JCPOA date du mois de mai.

La détérioration du pouvoir d’achat des Iraniens et le développement du chômage date de l’époque qui suit l’accord. En fait l’argent de la vente du pétrole et l’entrée de centaines de milliards de dollars dans le pays suite à la levée des sanctions n’ont pas amélioré la situation. Cet argent a été dilapidé dans les guerres en Syrie et dans la région, dans le programme balistique et nucléaire, dans la répression et a été siphonné par la corruption financière interne du système.

La mobilisation de la diaspora

La répression n’a pas eu d’effet depuis près de huit mois. Les manifestations vont de toute évidence se poursuivre grâce à l’activité des réseaux de la résistance de l’OMPI qui a appelé à la mobilisation des opposants pour s’organiser en vue du renversement du régime.

Sur le plan économique, la situation va se dégrader davantage et les contradictions entre les factions vont affaiblir le pouvoir. Que Khamenei entame ou non des discussions avec les Etats-Unis, la perspective ne sera que la désintégration de la théocratie. Khamenei l’a déjà dit, « tout changement de comportement (de son régime) aura pour conséquence un changement de régime ».

Entre-temps la diaspora s’active pour soutenir la résistance de l’intérieur. Le samedi 25 août une grande mobilisation internationale avec des points de ralliement dans plus de 30 villes à travers le monde. L’évènement sera diffusé en direct sur les réseaux sociaux avec l’intervention de personnalités en solidarités avec les aspirations démocratiques du peuple iranien.

Le changement vers la démocratie en Iran est dans l’intérêt de son peuple et de la stabilité dans cette région tourmentée du Moyen-Orient, il l’est aussi pour la paix internationale et des rapports apaisés entre les nations.