Le collectif de défense du journaliste Khaled Drareni répond à Abdelmadjid Tebboune

Dans un communiqué publié, aujourd’hui 2 mai 2020, le collectif de défense du journaliste Khaled Drareni apporte des précisions à l’opinion publique, et dénonce les propos tenus par le « pouvoir exécutif » à la télévision publique, sur les journalistes emprisonnés.

Il y’a environs trois semaines, les magistrats du parquet général se sont exprimés à la télévision nationale sur les affaires des journalistes détenus « sans que la défense n’ait un droit de réponse »
déplorent les avocats.

Le collectif poursuit son communiqué en rapportant les déclarations du ministre de la Communication, Ammar Belhimer, qui a qualifié les journalistes emprisonnés de « professionnels de
la subversion menaçant l’intérêt national ».
La dernière sortie de ce genre a été observée, hier vendredi par la défense. En effet lors d’un point de presse tenu par le président de la république, Abdelmadjid Tebboune, qui est aussi le premier responsable du pouvoir exécutif et président du Conseil supérieur de la magistrature, avait accusé le journaliste Khaled Drareni«d’intelligence ».Or « ce dernier n’a pas été poursuivi par le parquet de Sidi M’hamed… pour des accusations semblables à celle-ci.

Même les faits n’ont rien à voir » avec ce qui a été dit, affirment les avocats.
Ces déclarations « basées sur des informations erronées » représentent « une véritable atteinte aux principes garanties par la constitution dont la présomption d’innocence et la séparation des pouvoirs ».

Ceci «constitue également une pression sur les juges et touche au secret de
l’instruction » dénonce le collectif.
Pour le collectif de défense du journaliste Khaled Drareni, ces déclarations énoncées par des responsables de hauts rangs « constituent une intervention directe dans le travail des juges qu’interdit l’article 147 du code pénal ».

Les avocats concluent leur communiqué en appelant « tous les nobles et fidèles à ce pays à la veille de la journée mondiale de la liberté de la presse du 3 mai, à appeler à mettre fin à ces pratiques qui
ne servent pas l’avenir de la presse en Algérie et qui nuisent à l’image et à l’avenir du pays. »