L’Algérien ‘Kismet’, premier super-héros musulman de BD américaine, fait son grand retour

Premier super-héros musulman à avoir marqué de son empreinte l’âge d’or de la Bande Dessinée américaine dans les années 40, l’Algérien Kismet ou « l’homme du destin », ce valeureux combattant reconnaissable à sa Chéchia jaune, qui traquait sans relâche les nazis et les fascistes dans le sud de la France (dans ses premiers numéros), entraîna de nombreux lecteurs assidus de la BD « Bomber Comics » dans ses aventures intrépides.

Soixante-dix ans après avoir sombré dans l’oubli, bien qu’ayant rencontré un succès de librairie certain, ce personnage de fiction doté d’une force prodigieuse et d’une intelligence rare, en lutte contre toutes les tyrannies, fait son grand retour dans l’univers fantastique de l’auteur américain A. David Lewis.

Docteur en littérature et en religion, David Lewis, qui a grandi dans une famille juive, s’est littéralement pris de passion pour ce héros arabo-musulman, après avoir choisi de se convertir à l’islam en 2006. Sa décision était prise, il le ferait renaître de ses cendres.

Kismet revient donc dans un nouveau roman graphique de l’auteur Aaron David Lewis, et dans cette histoire, Kismet est lâché à Boston, alors que la ville se remet de l’attentat du marathon de Boston en 2013.

Traversant les âges, ce n’est plus contre l’hydre du nazisme que Kismet livrera bataille, mais contre l’actuel fléau de l’islamophobie dans une ville de Boston qui reste hantée par le douloureux souvenir de l’attentat.

« Avec le retour de Kismet dans un album,  je suis heureux de donner une seconde vie à celui qui fut le précurseur des super-héros musulmans de BD, identifiés et publiés en anglais », a déclaré David Lewis.

«Au fond, il a été abandonné au domaine public», a déclaré l’artiste à Religion News Service, dans une interview accordée lors d’une dédicace dans le magasin de bandes dessinées Comicazi, à quelques kilomètres au nord de Boston. «Ça m’a attristé parce qu’il a une noblesse de caractère qui reste intemporelle.»

«La plupart des personnages musulmans datant de l’âge d’or de la bande dessinée sont plats et sans relief ou ont été négligés, ce qui a alimenté les stéréotypes et amené à une confusion entre Arabes et musulmans, constate Aaron David Lewis. Mais, Kismet est doté d’une certaine dignité. Et j’ai vu le potentiel qu’il y avait là-dedans.» ajoute alors l’auteur.