L’affaire Khashoggi : Quand le malheur de Riyad fait le bonheur du pétrole Américain

L’affaire Khashoggi a considérablement affaibli Riyad, surtout le prince héritier MBS. Les Saoudiens sont prêts à tout pour se sortir de cette affaire, ce qui pourrait donner à Washington des arguments supplémentaires pour obtenir de Riyad une hausse de la production saoudienne de brut et contrecarrer l’incidence de l’entrée en vigueur en novembre des sanctions contre le secteur pétrolier iranien, estiment les analystes. Les marchés pétroliers semblent, ce lundi, parier sur une telle option

Dans ce contexte, les marchés vont surtout scruter l’évolution de la position des États-Unis dans ce dossier. « L’attention va être très forte cette semaine sur les relations entre la famille royale saoudienne et la Maison blanche », a estimé Stephen Innes, analyste chez OANDA à Singapour, cité par l’AFP

L’Arabie saoudite accablée par l’opinion publique suite à l’assassinat du journaliste Khashoggi, n’a pas beaucoup d’allier hormis quelques pays du Golfe comme les Émirats arabes unis, mais Riyad a un argument de taille : « le pétrole ». La perspective de tensions avec l’Arabie saoudite, dans un contexte d’entrée en vigueur en novembre des sanctions contre l’Iran, risque de provoquer une flambée des cours du brut. Ce que les pays occidentaux, qui se plaignent déjà des cours actuels jugés trop élevés, veulent éviter à tout prix.

Imposer un embargo de manière unilatérale est une option trop risquée pour la famille royale saoudienne, dont le maintien au pouvoir dépend de la protection américaine, comme l’a rappelé à plusieurs reprises Donald Trump ces derniers mois, ce qui laisse au USA une forte marge de manouvre afin d’assoir ses intérêts sur la seine pétrolière internationale