La transition économique en Europe centrale : un modèle pour la transition algérienne

Le club de réflexion CARE a organisé une Conférence-débat le mercredi 12 juin sous le thème « L’économie dans la transition: les expériences de la Hongrie, la Pologne et la Tchéquie ».

Lors de cette conférences des experts de trois pays d’Europe centrale, la Hongrie, la Pologne et la Tchéquie, ont pu décrire comment leurs économies ont entamé leur mutation après l’effondrement du bloc soviétique.

Passage d’une Economie dirigée à une Economie de marché

Ces pays, qui devaient bâtir quasiment de zéro une économie de marché, ont fondés leurs réformes sur trois piliers : Les forces du marché (et la libre concurrence), la régulation et l’Ethique. Ainsi l’Etat est passé du statut d’acteur économique à celui de régulateur s’assurant du respect des règles de marché et de la libre concurrence.

Les experts ont reconnu que la transition s’est faite de manière brutale mais qu’avec le recul ce choix s’est avéré payant. En Hongrie par exemple, on a eu recours a une vente massive des biens de l’Etat pour financer la transition et aujourd’hui 90% de l’Economie est aux mains du secteur privé (même si le pays a fait marche arrière sur certains secteur stratégique comme l’Energie). En Tchéquie, le gouvernement s’est appuyé sur les banques nationales pour mener et contrôler les réformes.

L’impact social des réformes

Le point commun des transitions de ces pays est que le volet social n’a pas été traité initialement. La transition a ainsi donné lieu à un creusement des inégalités, qui ont été traités plus récemment. La Pologne par exemple qui était un pays plus pauvre que la Hongrie et le Tchequie en 1989,  a connu une croissance continue du fait des reformes mais ces réformes ont eu un coût social. En 2003, le taux de chômage en Pologne atteignait les 20% (contre 5,6% aujourd’hui). Cependant les trois pays ont recemment enclenché des réformes sociales, maintenant que les fondamentaux économiques sont au vert.

D’autres inconvénients ont été recensés tels qu’une certaine perte de souveraineté (60% de l’Economie polonaise est contrôlées par des sociétés étrangères) et le fait qu’une partie des avantages liés au développement des exportations étaient annulés par les remontées de dividendes des sociétés ayant investi dans ces pays. il est à noté que l’Allemagne est le premier investisseur dans ces pays.

Malgré les sacrifices, un bilan positif

Les intervenant ont reconnu que les standards requis pour intégrer l’Union Européenne ont été un vrai moteur pour restructurer les économies de leurs pays et que malgré les sacrifices consentis, le bilan est très positifs avec des économies aujourd’hui très compétitives et des croissances continue toujours supérieures à 4%. L’Algérie pourrait ainsi trouver sa voie en s’inspirant à la fois des transitions « choc » des pays d’Europe de l’est mais aussi d’autres transitions plus lentes telles que celle de Chine.