Kingsman, le cercle d’or : vous l’aimerez beaucoup, vous l’oublierez vite

Kingsman : Le Cercle d’or de Matthew Vaughn, suite de Kingsman : Services secrets sorti en 2015, use et abuse de ce qui a fait le succès de son prédécesseur. Impressionnant par bien des aspects, il n’égale jamais le charme de ce dernier.

Poppy (Juliane Moore), baronne de la drogue dégénérée et excentrique à la tête d’une organisation terroriste du nom du Cercle d’or cherche à faire pression sur le gouvernement américain afin qu’il légalise le trafic de stupéfiants. Pour cela, elle menace la vie de millions de personnes en distribuant une marchandise infectée par un virus dont elle est la seule à détenir l’antidote. Elle détruit le quartier général du Kingsman laissant Eggsy (Taron Egerton) et Merlin (Mark Strong) seuls face à cette menace. Guidés par une indication découverte sur une bouteille de whisky apparemment banale, ils mettent le cap sur le Kentucky où ils font la connaissance de leurs homologues en chapeau de cowboy et santiags, les agents du Statesman. C’est aussi là qu’ils retrouvent Harry (Colin Firth) qu’ils croyaient mort. Sauvé par le Statesman après le coup de feu à la tête qu’il a reçu durant le premier épisode, il est amnésique et ne sait plus rien de son passé d’agent secret.

La scène d’ouverture audacieuse, les mouvements de caméra vertigineux, les longues séquences d’action synchronisées à la microseconde près avec le rythme de chansons rock dont Vaughn a le secret, les effusions de sangs aussi violentes que drôles, la quantité phénoménale de gadgets, le casting qui en plus des acteurs cités plus haut contient Channing Tatum, Elton John, Pedro Pascal et Halle Berry, l’excellente bande-son ainsi que la grande variété de tableaux et de paysages visités ne parviennent pas à  recréer le charme du premier épisode. On déplorera la presque absence du lien fort qui liait Harry et Eggsy dans le premier opus. L’efficacité des blagues, entre les clins d’œil au précédent Kingsman, les blagues sur le manque de manières des américains et celle récurrente de la confusion entre Galahad-Eggsy et Galahad-Harry s’épuise rapidement. Aussi, la trame est linéaire, sans grandes surprises et les personnages, trop nombreux, manquent cruellement de profondeur.

Les références sont nombreuse : un président américain rappelant Donald Trump par bien des aspects même si le réalisateur a déclaré avoir supprimé des vannes plus évidentes à l’égard de l’actuel chef d’état ; une scène à bord d’un téléphérique sur une montagne enneigée n’étant pas sans rappeler la fin de Johnny English : Le Retour avec lequel Le Cercle d’or partage aussi une chanson de la bande originale ; des gadgets, des armes, des personnages et des décors en commun avec quelques James Bond de Roger Moore et de Sean Connery. Autant d’éléments qui participent à l’aspect caricatural de ce film.

Kingsman : Le Cercle d’or est un véritable fourre-tout cinématographique qui tient debout principalement grâce à des scènes d’action extrêmement jouissives et à la grivoiserie de certaines séquences.

Le film est toujours en projection à Alger à la salle Ibn Zeydoun. Une projection en version originale est prévue pour le samedi 11 Novembre à 20h30.