Interview | Sofiane Sakhri à Casbah Tribune : « Chaque Algérien a un devoir moral envers ce pays et l’avenir de l’Algérie est la responsabilité de tous »

Sofiane Sakhri, militant politique de l’opposition et ancien membre actif du parti Jil Jadid a lancé ce lundi un appel aux Algériens dans lequel il dénonce la situation politique dans laquelle se trouve le pays et appelle au changement et à la mobilisation de tous. Sofiane Sakhri a accepté de répondre à nos questions.

Qui est ce collectif qui a décidé de lancer cet au peuple algérien ?

Nous sommes simplement un groupe de citoyens algériens qui avons décidé spontanément de rompre le silence sur les nombreuses déviations que le pays traverse à travers cette lettre ouverte au peuple algérien dans laquelle nous avons exercé un droit constitutionnel, qui est le droit d’expression.

Le message est divisé en trois axes principaux: un diagnostic général de la situation désastreuse que traverse le pays à plusieurs niveaux et dans plusieurs domaines, un appel adressé à tous les Algériens intitulé Nidaa El Djazair, puis un ensemble de solutions et de mécanismes pour sauver la patrie.

Qu’est-ce qui vous a poussé à lancé cet appel ?

L’idée découle d’un engagement moral envers le pays et le peuple, et en particulier du fait que nous vivons dans une phase où les partis politiques et les élites sont incapables de mobiliser le peuple et d’influencer le processus décisionnel, par leur démission ou par leur complicité. Chaque Algérien a un devoir moral envers ce pays et l’avenir du pays est la responsabilité de tous.

Qu’attendez-vous après votre appel?

L’appel s’adresse à toutes les couches du peuple algérien, y compris les élites à l’intérieur et à l’extérieur du pays, les patriotes qui travaillent dans les institutions de l’État et toutes les autres couches de la population, car la meilleure solution à nos crises est de mobiliser les citoyens et les élites et les nationalistes qui travaillant dans les institutions de l’État sur un projet d’état basé sur la souveraineté et la volonté populaire exprimée par les élections transparentes.

Pensez-vous vraiment que l’Algérie peut faire un nouveau contrat social?

La prochaine phase électorale est une excellente opportunité pour établir un nouveau contrat social basé sur la liberté, la démocratie et la justice sociale, mais la naissance de ce contrat se limite à deux conditions: la volonté du pouvoir à organiser des élections transparentes et équitables et l’étendue de la participation du peuple à la prochaine élection.

Vous avez dit que l’Algérie était presque une monarchie? Comment ça?

L’Algérie a récemment connu des pratiques et des discours qui ont changé le caractère républicain de l’État, résultat de la mise en place d’un système politique dont les composantes dépendent du clientélisme, la distribution de la rente, la personnalisation du pouvoir, la soumission des institutions et le non-respect de la constitution.

Que pensez-vous de la « lettre » de Mouloud Hamrouche publiée récemment ?

Mouloud Hamroush est un homme d’état respecté dont le nom est lié au processus de réforme engagé et qui ne s’est pas concrétisé. L’aspect le plus important du message de M. Hamrouche c’est quand il parle de l’échec dans l’édification de l’État dans la mise en place des conditions de l’exercice de la gouvernance, alors, je pense que Mouloud Hamrouche a tiré la sonnerie d’alarme vu la gravité de la situation que traverse le pays.