Importation de blé ; La guerre économique entre Russie et France pour regagner l’Algérie

Les boulangers algériens vont-ils dire adieu au blé français ? Au profit du marché Russe, riche en protéines, d’une qualité sanitaire en constante amélioration, l’ambitieux épi de blé russe semble sérieusement prendre le pas sur le débouché crucial de l’Algérie. Mohamed Belabdi, directeur de l’OAIC, autorité publique algérienne des achats de céréales, a confirmé que l’Algérie est grandement intéressée par l’importation de blé russe, cette affirmation, qui inquiète depuis fin septembre les exportateurs français, provient du ministère russe de l’agriculture

L’Algérie, qui a déjà importé du blé russe en 2017, envisage de s’approvisionner totalement de la Russie cette année. Un accord devrait être signé une fois tous les certificats de conformité délivrés. Le journal économique français La Tribune avait relevé la conséquence de cette décision sur les agriculteurs français et globalement sur les exportations françaises vers l’Algérie

La France est, jusqu’à présent, le premier fournisseur de blé tendre de l’Algérie avec près d’un milliard de dollars. La réorientation envisagée des importations de blé vers la Russie, qui aurait du blé de meilleure qualité et à un prix plus compétitif, inquiète en premier chef les céréaliculteurs français qui risquent ainsi de perdre un gros marché, le deuxième au monde, avec plus de 7 millions de tonnes annuellement venant principalement de France, du Canada et d’Allemagne. L’inquiétude des Français va au-delà du blé, car l’Algérie s’intéresse aussi à d’autres produits russes comme le lait et la viande bovine

La panique qui s’est emparée des Français à cette l’annonce, début octobre, de la décision prise par Alger d’ouvrir son marché national de blé dur à la Russie, se précise et prend forme. Selon l’agence Reuters, citant un fonctionnaire du gouvernement français, la France enverra, début 2019, une délégation en Algérie pour discuter des livraisons de blé

Le choix de l’Algérie de tourner le dos à son fournisseur traditionnel, la France en l’occurrence, pourrait, au-delà des raisons économiques, être une réaction aux fortes pressions françaises sur les autorités algériennes en ce qui concerne, notamment, le dossier de la circulation des personnes.