Haddad avait vendu, jeudi, ses actions Fertial à la Sonatrach

Le P-dg de la Sonatrach n’est pas prêt d’oublier la journée du jeudi 28 mars 2019. Soumis à de très fortes pressions politiques, Abdelmoumène Ould Kaddour a été obligé de racheter en urgence les actions détenues par Ali Haddad et l’espagnol Grupo Villar Mir dans la société Fertial.

Par Tarek Hafid 

Les travailleurs Fertial (filiale d’Asmidal, entreprise de production d’engrais du groupe Sonatrach) ont appris presque par hasard la vente des actions détenues par Villar Mir (49%) et l’ETRHB Haddad (17%).

« Tout s’est déroulé jeudi dans la plus totale discrétion, le P-dg de la Sonatrach a racheté les parts des autres actionnaires. Miloud Louhichi, le directeur général d’Asmidal, n’a même pas assisté aux négociations, il a délégué deux cadres pour représenter l’entreprise. Nous savons juste qu’un accord a été trouvé au cours de la soirée et que Haddad a empoché la valeur de 34 millions d’euros et les espagnols 140 millions d’euros », indique un cadre d’Asmidal joint aujourd’hui au téléphone.

Selon lui cette « nationalisation » de Fertial est une bonne chose mais l’entreprise n’a pas les moyens de s’acquitter de telles sommes. « C’est un véritable scandale car en définitive Fertial aura servi à enrichir un homme d’affaires qui a juste profité de sa proximité avec le pouvoir politique pour devenir actionnaire », déplore cet employé. Les sommes annoncées pour le rachat des actions étant conséquentes, il semble que ce soit la Sonatrach, la maison-mère, qui devra payer la facture.

Une source du ministère de l’Energie a précisé que les négociations ont effectivement eu lieu durant la journée de jeudi. « Abdelmoumène Ould Kaddour a été soumis à de très fortes pressions de la part de la présidence de la République pour clore ce dossier et signer un engagement avec les deux autres actionnaires. Rien a filtré à propos de la transaction, mais il est certains que l’ETRHB Haddad et Grupo Villar Mir ont trouvé leurs comptes ».

Impossible de confirmer ces informations auprès d’Asmidal, Miloud Louhichi étant aux abonnés absents. Idem pour la chargée de la communication de la Sonatrach.

Déjà très opaque, le dossier Fertial s’obscurcit encore plus avec cette vente d’actions qui s’est déroulée en catimini, sans aucune expertise et sans l’aval du Conseil des participations de l’Etat (CPE).

L’information rapportée aujourd’hui par El Watan sur la tentative d’Ali Haddad de quitter le territoire national par la frontière tunisienne confirme son empressement à vendre ses actions Fertial.

 

T.H.