Gina Haspel : une « espionne controversée » à la tête de la CIA

Le mouvement opéré ce mardi par le président des Etats-Unis intervient 14 mois après son entrée en fonctions.

D’une part, Donald Trump met fin aux fonctions du Secrétaire d’Etat Rex Tillerson, avec qui il avait des relations très tendues ces derniers mois et le remplace par le directeur de la CIA Mike Pompeo, et d’autre part il réalise une première en désignant une femme à la tête de la CIA, à savoir Gina Haspel.

 

Une trajectoire fulgurante pour cette espionne nommée en février dernier directrice adjointe de la célèbre agence de renseignement américaine. Les dossiers dans lesquels son nom apparaissaient étaient pourtant ont pour le moins compromettants, écrit le HuffPost France qui rappelle qu’auparavant « Gina Haspel était responsable des opérations clandestines de la CIA et impliquée à ce titre dans les prisons secrètes à l’étranger où les détenus étaient torturés après le 11-Septembre, a été nommée jeudi 2 février N°2 de l’agence d’espionnage ».

« Après avoir été la première femme à brièvement prendre la tête du service des opérations clandestines de la CIA, elle devient donc la première femme à diriger la CIA », poursuit le journal pour qui la nouvelle patronne de la CIA est une espionne très expérimentée dans les opérations sous couverture, elle a rejoint l’agence en 1985 et a servi dans plusieurs endroits du monde, notamment à Londres à la fin des années 2000.

Des détenus soumis à des simulations de noyade

Le HuffPost France rappelle également qu’elle avait été nommée en 2013 à la tête du Service national clandestin de la CIA, mais avait été remplacée après seulement quelques semaines, apparemment en raison de doutes sur sa responsabilité dans la mise en place après le 11 septembre 2001 de prisons secrètes à l’étranger où des méthodes comme la simulation de noyade, assimilée à de la torture, étaient employées pour interroger les suspects.

Selon le Washington Post à l’époque, elle avait « géré une prison secrète en Thaïlande où les détenus étaient soumis à des simulations de noyade et à d’autres mauvais traitements ». Le quotidien américain affirmait que Gina Haspel avait aussi été impliquée dans la destruction en 2005 de vidéos compromettantes sur ces techniques « d’interrogatoire poussé » appliquées sur plusieurs détenus en Thaïlande.