Entretien avec Mohamed Merzouk, Cofondateur de la startup new-yorkaise Gebni

C’est l’histoire de deux anciens étudiants algériens de l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales (EHEC ex. INC) qui ont créé une application innovante de livraison de repas à New York. « Gebni » qui se traduit par « Ramènes moi » en dialecte algérien est la nouvelle application « food » qui crée le buzz à New York. Mohamed Merzouk, Cofondateur de cette Startup se livre dans cette interview.

D’où est venue l’idée de Gebni ?

L’idée de Gebni nous est venue quand nous étions étudiants à New York. Entre les études et nos emplois respectifs nous n’avions pas le temps de préparer nos repas, donc nous nous faisions livrer à domicile via des sites web. On a vite constaté qu’on payait tout le temps les mêmes prix, mêmes quand il s’agissait de repas commandés hors heures de pointe. Ayant fait une licence en finance et en économie, ce qui nous a paru bizarre. On se demandait pourquoi il n’y avait pas de sites qui appliquent des prix relativement moins chers des repas quand la demande était faible pour épargner quelques dollars aux gens et rendre la livraison à domicile un peu plus abordable.

Après avoir fait des recherches et eu des conversations avec des restaurateurs, on a décidé de lancer une application qui baisse les prix des plats commandés par rapport à la demande en temps réel.

Pourquoi avoir choisi Gebni et pas une autre application ? Quel est la valeur que vous apportez ?

On a décidé de lancer Gebni parce que c’était un problème qu’on a vécu nous même. On devait, par nécessité passer par les sites de commande de repas mais ça s’est avéré trop cher pour notre petite bourse d’étudiant. On y a vu une opportunité car il n’y avait aucune autre solution dans le marché. La livraison de repas est très mature à New York. C’est un service qui existe depuis presque deux décennies mais il n’y avait toujours pas de solutions au problème de la cherté des prix. Le fait que beaucoup d’utilisateurs et de restaurants aient exprimé la nécessité d’une telle alternative nous a conforté davantage dans notre décision d’entreprendre pour améliorer le processus d’établissement des prix de repas et de les rendre plus dynamiques et réflectifs de la demande au lieu de constamment utiliser des prix fixes.

L’industrie de la livraison de repas est valorisée a $210 milliards par an mais seulement $4 milliards se font en ligne en ce moment à cause de la cherté de ce service.

Comment s’est fait le choix de ce nom ?

Le nom Gebni a été inspiré de “Jibli” qui, en Algérien, veut dire « Ramène-moi». On nous pose souvent la question de ce que ça signifie et on leur répond en disant que ça veut dire « Bring me» en Algérien.

Est-ce facile de se lancer dans l’entreprenariat aux Etats-Unis quand on est Algérien ?

Oui, c’était relativement facile de lancer Gebni pour nous du coté administratif. Ça prend que quelques heures pour enregistrer une nouvelle entité et au bout d’une semaine, on avait reçu tous les documents nécessaires pour entamer notre activité.
Pour lancer un business aux USA, il ne faut même pas avoir la nationalité ou
être résident permanent. Quand on a lancé Gebni, on était encore étudiants.
Le fait qu’on soit Algériens n’a rien changé.

Avez-vous déjà tenté de créer quelque chose de similaire en Algérie ?

Non. Nous n’avons n’a jamais essayé de créer ça en Algérie. On a commencé par New York parce que l’environnement est adéquat et que le problème n’avait pas de solutions encore. On aimerait bien faire ça en Algérie un jour. On verra ce que l’avenir nous réserve.

Quels sont vos projets ? Comptez vous vendre ? Comptez vous créer d’autres applications ?

Il est encore un peu tôt de parler de stratégie de sortie pour notre startup « d’exit ». On vient tout juste de lancer ce concept et on a encore du chemin à faire avant de penser à vendre ou faire autre chose. Le concept d’ajuster les prix à la demande en temps réel est très nouveau dans cet espace, ce qui veut dire qu’on doit d’abord prouver qu’il est mieux que ce qui a été fait pendant des années. Notre objectif est d’aider cette industrie, connue pour ses marges très fines, à s’améliorer pour augmenter le taux de réussite de ces commerces qui ont un taux d’échec de 90%.
Le fait de vivre aux État-Unis pendant quelques années, nous a exposé à de nouvelles perspectives sur le champs des possibles et ce qui est possible d’accomplir. C’est un pays offrant un écosystème qui encourage l’innovation et l’entrepreneuriat. On est constamment exposés à l’évolution rapide de la technologie, ce qui nous contraint à être à jour avec ce qui se passe en terme d’innovation. Il y’a toujours quelque chose de nouveau à faire, un problème à résoudre et des idées on en a, mais pour le moment on reste concentrés sur Gebni vue que c’est ce qu’on a de concret. Nous devons travailler dur pour arriver à faire de cette compagnie un succès.

Parlez nous de votre parcours. Pourquoi le choix de New-York et pas une autre ville ?

Mon frère, co-fondateur, et moi avons tous les deux fait eHEC ex INC. On a tout les deux reçu un diplôme en sciences commerciales. J’ai finis l’INC deux ans avant lui, donc je suis venu aux USA en premier pour faire un Master en Finances. Le choix de New York était naturel parce que j’avais déjà passé des vacances ici auparavent et j’ai vraiment aimé l’énergie et la diversité des gens qui vivent à New York. Mon frère m’a rejoint après avoir fini ses études à l’INC et avoir travaillé en Algérie pendant quelque temps.