Entretien avec Eric Oechslin du Bureau International du Travail

Entretien avec Eric Oechslin, spécialiste senior des employeurs à l’Organisation Internationale du Travail (OIT) en marge de l’atelier/débat sur la formation professionnelle en Algérie organisé par la Confédération Générale des entreprises Algériennes (CGEA) en partenariat avec le Bureau International du Travail (BIT) le 25 janvier 2018 à L’Ecole supérieure d’hôtellerie et de restauration d’Alger (ESHRA) d’Alger.

Où se situe l’Algérie par rapport aux pays voisins pour ce qui s’agit de la formation professionnelle ?

Les problématique sont à peu près les mêmes : la pression démographique, le nombre de jeunes qui arrivent sur le marché du travail, la perception de l’enseignement professionnel par rapport à ce qu’on pourrait appeler l’enseignement généraliste et l’image que peuvent avoir certains métiers chez certains jeunes. Il y a quelques petites différences pour ce qui s’agit de la participation de la femme même si, par rapport à l’égalité salariale, le système algérien est beaucoup plus égalitaire que celui des pays voisins. A propos de la structure de la formation professionnelle, le Maroc donne une place plus forte à la formation privée continue grâce aux efforts de certaines agences qui délivrent leurs propres formations.

Quels sont les secteurs vers lesquels devrait s’orienter la formation professionnelle en Algérie ?

Il n’y a pas eu d’études sectorielles poussées pour l’instant mais on peut d’ores et déjà dire qu’il y a une demande croissante des secteurs des nouvelles technologies et de l’économie verte. Certains métiers ont changé et d’autres sont voués à disparaître. D’où l’importance de faire participer au même débat les confédérations d’employeurs et les institutions étatiques en rapport avec la formation professionnelle. Un rapport de la CGEA à propos de la structure de la formation professionnelle en Algérie sera bientôt publié. Une conférence aura lieu au mois de mai à Alger pour comparer les résultats obtenus localement avec ceux des études tunisienne et marocaine.

Pourquoi le choix du BIT s’est porté sur la CGEA pour la réalisation de cette étude ?

La CGEA est la seule confédération algérienne membre de l’organisation internationale des employeurs. C’est elle qui représente les employeurs à l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et au Bureau International du Travail (BIT) dans lequel le secrétaire général de la CGEA, Megateli El Mahfoud, est membre titulaire du conseil d’administration.

Quel est le rôle du BIT dans l’amélioration de la formation professionnelle dans les pays du Maghreb ? 

Le BIT n’est pas là pour imposer des modèles. Pour la formation professionnelle, nous sommes principalement là pour conseiller, mettre en place un dialogue entre les différents acteurs concernés, organiser des réunions, faire profiter nos partenaires de l’expertise du BIT et les aider à trouver un modèle qui leur convient. En Algérie, il s’agit aujourd’hui d’améliorer l’image qu’a la formation professionnelle auprès des jeunes. Il faut aussi que les entreprises puissent analyser leurs besoins avec plus de précision pour faire correspondre l’offre de formation à la demande réelle sur le marché du travail.