En vidéo. Le syndicat algérien des éditeurs de la presse électronique : « Nous ne sommes pas des criminels ! »

Le syndicat algérien des éditeurs de la presse électronique a organisé ce matin (mercredi 07 novembre) à 10 h 30, une conférence de presse au siège de Maghreb Emergent au 07 rue Henry Dunant place Audin.

L’actualité inhérente à l’état du journalisme en Algérie,  à savoir : La campagne d’arrestations qui a touché les journalistes des médias électroniques, les attaques contre la presse électronique et la persistance de son statut de presse non reconnue… sont autant de raisons données par les membres du SAEPE, qui justifient le caractère urgent de cette conférence, qui a vu se mobilisé un nombre important de journalistes, et de travailleurs du secteur de la presse.

La conférence a été Présenté et animée par les journalistes : Ihsane El Kadi (Maghreb Emergent, Radio M), Saïd Boudour (JSA), et Bouzid Ichalalene (interlignes).

À travers cette rencontre, le SAEPE a voulu rappelé l’état « primitif » et inconfortable dans lequel se trouve aujourd’hui la « web presse » en Algérie, un secteur d’activité non reconnu par le gouvernement, qui voit en lui un cheval de Troie menaçant, et qui favoriserait la dissidence ; une pratique qui frappe et vise la légitimité de l’état depuis un moment, par certains cyber activistes, notamment Amir DZ.

Ihsane El Kadi (Directeur de Maghreb Emergent), pense que cette dissidence nourri justement son fondement dans le fait que la presse électronique soit confondue (à tort) avec cette rébellion frontale, qui utilise internet certes comme vecteur de son message, mais dont  les « codes » ne sont pas ceux de la presse électronique, il rappelle à cet égard que cette dernière est régie par des professionnels du métiers, qui appartenaient autre fois à la presse classique, et qui (très souvent) ont contribué à la construction d’un journalisme déontologique et éthique en Algérie ;

Le SAEPE a lu un communiqué dans lequel sont exprimées les contraintes liées à l’exercice de la presse électronique aujourd’hui en Algérie, et la posture « défensive » du gouvernement à son égard, on y lit :

« le gouvernement continue à ignorer la presse électronique, et ce malgré toute la dynamique « sociétale » qu’elle engendre depuis quelque années. Pour rappel, en l’espace d’une année, on a vu la création de plus de 100 sites d’information électronique en Algérie, créant ainsi du travail, une économie… le ministre de la communication aurait du reconnaitre lors de la journée nationale de la presse, que la web presse est devenue une réalité à n’en point douter dans notre pays… Dans ce sillage d’adversité à l’égard de la presse électronique, le PLF 2019 porte en son sein, une menace pour nous, tant elle prévoit dans l’alinéa 4 de son article 169 de limiter le montant des dépenses publicitaires déductibles d’impôt à 2,5% du chiffre d’affaires annuel… »

« Dans ce contexte, alarmant, nous les membres fondateurs du SAEPE, nous dénonçons le traitement inacceptable et injustifié des journalistes : Abdou Semmar (Algérie Part), Merouane Boudiab (Algérie Part), Adlene Mellah Dzair Presse Algérie direct Ilyes Hadibi, Alg24, Said Chitour, journaliste Fixeur Abdelkrim Zghileche radio sarbacane…Tous incarcérés faute d’avoir fait leur travail, Nous demandons leur liberté, en attendant leur jugement… nous demandons aussi l’arrêt de la compagne de diabolisation menée à l’encontre de la presse électronique, car nous ne sommes pas des criminels… »

Le SAEPE rappelle par ailleurs la date de demain, 08 novembre 2018, qui est celle du jugement de Abdou Semmar et Merouane Boudiab au tribunal correctionnel de Bir Mourad Rais, accusés de diffamation et d’atteinte à la vie privée, dont les accusations ont été intentés par la Wilaya d’Alger, en faveur du Wali Abdelkader Zoukh,, et par la chaine de télévision privée Ennahar TV.

Une situation ironique pour Ihsane El kadi, qui y voit un deux poids deux mesures flagrant :

«  Il y a ici utilisation d’une institution publique à des fins personnelles… » Signale-t-il en référence à la plainte formulée par la wilaya d’Alger en faveur de Abelkdaer Zoukh à l’encontre du journaliste Abdou Semmar »

Une ironie retrouvée dans le traitement accordée à la chaine Ennahar, qui viole l’article 56 de la Constitution et  conventions internationales ratifiées par l’Algérie, en diffusant des images montrant les journalistes menottés au tribunal ou encore en train d’être transférés en prison. Des éléments de l’enquête préliminaire, censés rester confidentiels jusqu’à leur présentation au parquet… »

Conférence de presse du syndicat algérien des éditeurs de la presse électroniquenvitation Le syndicat algérien des éditeurs de la presse électronique vous invite à une conférence de presse le mercredi 07 novembre à 10 h 30 au siège de Maghreb Emergent au 07 rue Henry Dunant place Audin. Thème de la conférence de presse:- La campagne d’arrestations qui a touché les journalistes des médias électroniques.- Les attaques contre la presse électronique et la persistance de son statut de presse non reconnue- Le plan d’action du SAEPE et les propositions au gouvernement

Pubblicato da RADIO M su Mercoledì 7 novembre 2018