En 4 ans le dinar a vu sa valeur chuter de 48%

L’économiste et analyste financier Ferhat Ait Ali explique dans une déclaration faite au site d’information électronique Maghreb Emergent, que la valeur du dinar est intrinsèquement liée au marché pétrolier, dont le cours reste assez stable en ce moment, ce qui permet au dinar de « se maintenir à flot » , avant de préciser que des mesures administratives (gouvernementales) plus que celles purement économiques, participent présentement à cette stabilité, une stabilité que les experts qualifient de « Fragile »

En effet, et selon le même intervenant, une dévaluation massive du dinar serait difficilement évitable face à l’inflation galopante et à la masse monétaire en circulation, avec en sous bassement un tassement des réserves de change. Le dinar continue donc, à jouer à l’équilibriste sur le cours officiel, sachant que le cours parallèle ne saurait constituer une référence en la matière. Surtout que la fluctuation de la devise sur ce marché parallèle obéit à des « mécanismes délinquants », poursuit M Ait Ali.

La valeur nominale du dinar est évaluée par la Banque d’Algérie en fonction de la fluctuation des deux monnaies fortes que sont l’euro et le dollar sur le marché international.  « Une valeur conjoncturelle en somme, sachant que le gros des exportations algériennes se fait en dollar alors que celui des importations se fait en euro », rappelle pour sa part Brahim Guendouzi, économiste et consultant. Selon lui, le dinar s’accroche au baril de pétrole, dont le prix intervient inéluctablement dans le modèle de calcul du taux de change.  Tant que le prix du baril est encore élevé ou se situe à des seuils tolérables le dinar peut encore éviter la chute

« Sinon au moindre éternuement de l’or noir, la monnaie nationale pourrait  se gripper immédiatement », ajoute M Guendouzi. Aussi,  explique-t-il, que le taux de change effectif actuel est surévalué, surtout que des paramètres implacables comme l’inflation et le taux de productivité particulièrement bas participent à la vulnérabilité du dinar sur  le front des échanges avec les parties commerciales et qui met à rude épreuve le pouvoir d’achat.

En 2014 Il fallait 79,82 dinars pour 1 dollar, et 106, 9 dinars pour 1 euro,  en 4 ans le dinar a vu sa valeur fondre de 48%

Source: Maghreb Emergent