La deuxième chute d’El Qods

Peut-on parler de la fin du mythe d’une nation que des dictateurs ont inventé pour légitimer l’illusion, le mensonge, la fuite en avant et leur mise au pas des sociétés du Moyen-Orient et d’Afrique du nord ?

Ce mythe s’était effondré pour les observateurs avertis au lendemain de la guerre des Six jours et la veille de la signature des accords de Camp David. Le panarabisme ayant atteint ses limites, c’est l’islam politique dans sa version wahabite la plus barbare, la plus archaïque, la plus atavique à même d’éveiller les instincts les plus bas de sociétés sans projet de société, sans perspectives, en crise identitaire profonde, pour prendre le relais et nourrir un nouveau mythe, la résurrection de l’empire musulman et du califat.

Si l’idéologie panarabiste a fini par vicier -avant de les réduire au silence- les courants marxistes, progressistes et modernistes qui ont traversé toutes les sociétés de la région MENA, faisant de la cause palestinienne et de la renaissance «arabe» les axes principaux de leur «projet» fumeux, l’idéologie wahabite s’est, quand à elle, chargé de mettre au pas les sociétés et les communautés musulmanes faisant de leur réislamisation à outrance, l’objectif majeur, non pas pour une fédération des efforts nationaux et communautaire pour un projet novateur mais pour comme seule promesse, «le paradis aux plus pieux» laissant la vie d’Ici-bas aux mêmes rapaces, corrompus et traitres qui ont servi les desseins de l’Occident avec les slogans panarabistes.

Les Islamistes de tous bords, n’ont jamais appelé au jihad en et pour la Palestine

Contrairement aux panarabistes, les islamistes n’ont jamais fait de la question palestinienne leur Cheval de bataille même si la référence à El Qods a servi de leitmotive de circonstance, et la condamnation du sionisme de catalyseur occasionnel.

Les Islamistes de tous bords, n’ont jamais appelé au jihad en et pour la Palestine. Etrangement, l’Afghanistan était une terre plus sainte que les remparts violés de la Palestine et de Jérusalem. Le wahabisme a bizarrement financé le «jihad» contre les musulmans partout à travers le monde, sauf contre une puissance coloniale qui opprime les Palestiniens et souille l’un des lieux saints de l’islam.

Pourquoi les adeptes «sincères» du wahabisme et du salafisme, ne se sont-ils jamais interrogés sur cet anachronisme qui caractérise la praxis de leur idéologie de référence qu’est l’islamisme ? En fait, le panarabisme et l’islamisme se valent dans leur lâcheté et dans leur peur viscérale des dynamiques qui leur échappent comme l’intifadha de 1987 qui a fini par justifier la création de Hamas et l’intifadha de 2001 qui a été étouffé dans l’œuf par le laxisme et la trahison des dirigeants de Fatah et de Hamas afin de se débarrasser des leaders populaires de l’Intifadha qui refusaient tous compromis au dépend des droits nationaux des Palestiniens.

Après avoir imposé le statut quo en Palestine, réduisant la résistance à des soubresauts d’individus désespérés confinés dans l’espace clos de Ghaza, les «Printemps arabes», ont fleuri comme des mirages attractifs ayant abouti à la soumission des régimes arabes à la volonté de l’Occident. C’est dans ce contexte honteux auquel les régimes vassaux ont conduit les peuples de la région MENA, que Washington a remis en marche le processus colonialiste israélien en reconnaissant El Qods comme capital de l’Etat hébreu. Maintenant que Jérusalem est «tombé» que reste-t-il aux panarabistes et aux islamistes comme argument pour mobiliser des masses gavées d’illusions jusqu’à la nausé.