Crise à l’APN : Une première dans le monde…

« C’est une situation inédite, C’est la première fois depuis l’arrivée au pouvoir de Bouteflika en 1999 qu’il y a une crise de cette ampleur au sein de l’Assemblée nationale. Première fois que l’on remet en cause la présidence de l’APN. Première fois que les portes de l’APN sont cadenassées pour empêcher le président de l’Assemblée d’accéder à son bureau. Première fois que la majorité présidentielle décide de démettre le président de ses fonction, et surtout : première fois qu’on a deux président de l’assemblé, je crois même que c’est une première mondiale ! »

C’es ce qu’à déclaré Farid Alilat , journaliste à Jeune Afrique spécialiste de la politique algérienne, approché par la rédaction de France 24, pour le spécialiste de l’Algérie, avoir deux présidents en même temps est quelque chose de totalement illégale :

« C’est une démarche totalement illégale », Si l’on se penche sur l’article 10 du règlement intérieur de l’Assemblée populaire nationale, la vacance du poste de la présidence de l’APN ne peut être constatée que dans quatre cas précis : une démission, une incapacité (physique ou mentale), un décès ou une incompatibilité ; Or, la situation de l’actuel président ne répond à aucun de ces cas de figure… »

Que reproche-t-on à Said Bouhadja ? Saïd Bouhadja attribue ses déboires à sa décision de limoger fin septembre le secrétaire général de l’Assemblée, Bachir Slimani, réputé proche de certains caciques du FLN. Les députés qui lui sont hostiles mettent également en avant sa mauvaise gestion, des dépenses exagérées et illicites et un recrutement douteux.

Mais les motifs réels de cette crise restent flous. « On a du mal à croire qu’il soit subitement impossible pour des députés de travailler avec le président qu’ils ont eux-mêmes élu il y a un an. Il y a d’autres raisons qui expliquent cette volonté de le renvoyer du pouvoir. On peut penser qu’il gêne certains intérêts », estime Farid Alilat.

« Il ne s’agit pas d’une crise politique mais d’une crise qui touche toute majorité présidentielle. C’est une crise de fin de cycle. Si le président Bouteflika exerçait pleinement son pouvoir, cette crise n’aurait pas lieu. Cette crise est liée à la succession du chef de l’État. » Conclut Farid Alilat