« Awawech » de Souad Douibi fait son show à Souk Ahras

Le plasticien Mohamed Tledji accueille dans son atelier (céramique et calligraphie) et galerie d’art l’exposition de la jeune Souad Douibi, une jeune artiste-peintre qui a fait le buzz dans les réseaux sociaux avec ses performances surtout les dernières : « Imra’a » (femme) et « Neqqi mokhek » (nettoie ton cerveau). Intitulée « Awawech », cette exposition se tient en marge des Journées du court métrage de Souk Ahras.

Dix tableaux ornent les murs blancs de mezzanine de cet antre de la culture. Dix toiles qui représentent le même personnage : Awawech. Un personnage en répétition. L’idée de cette exposition ou de ce personnage est venue « après une série de performances dans des lieux publics et musées s’inspirant des tableaux de grands maîtres », confie la jeune artiste. Pour le peindre, elle s’est inspirée du quotidien, de certaines citations, de certaines anecdotes.

A chaque fait cocasse, Souad Douibi interroge Awawech ou plutôt se met à sa place pour trouver une réponse à ses questionnements. Elle s’exprime à travers son personnage. Au second degré, avec humour. Un humour souvent sarcastique, lourd de sens.

Sur fond bleu tapant ou rose poudré, Souad raconte l’histoire de « Awawech », sa vie, son évolution. Si dans les premiers tableaux elle est avec son haïk – sur lequel est inscrit à ne plus en finir en arabe le mot femme – et sa voilette, dans les autres, elle s’émancipe. Une rupture  de ban avec son environnement trop machiste et oppresseur. Elle se prend en main. Elle devient « elle ». Elle se libère. C’est une autre femme : celle des temps modernes. Tantôt elle est Wonder Woman, tantôt elle est l’agent secret 007. Malgré cette émancipation, la nouvelle Awawech ne renie pas ses origines, ses traditions, les codes ancestraux. Si elle se dévoile – elle jette son haïk – la voilette est toujours là. Pour plus de pudeur, plus d’authenticité. Sa manière de dire que tradition et modernisme font bon ménage, à condition que le dosage soit juste est équilibré. Un pied de nez pour ceux et celles qui veulent confiner la femme, la briment et la réduisent.

A travers Awawech, l’artiste dénonce la condition de la femme algérienne qui souffre du regard d’une société hypocrite en mal de repères. Awawech, un personnage attachant, résistant qui ne demande qu’une chose : vivre et en paix.