Après sa défaite face à Khabib Nurmagomedov ; Faut-il enterrer Conor McGregor ?

Conor McGregor, superstar irlandaise des arts martiaux mixtes (MMA), a été dominé par Khabib Nurmagomedov, pour la ceinture des poids légers de l’Ultimate Fighting Championships (UFC), ce 7 octobre 2018 à Las Vegas, deux ans après son dernier combat à l’UFC. L’affrontement a, dans la foulée, dégénéré suite à un accès de colère du Russe.

Ce qui a été décrit comme étant l’un des combats les plus attendus dans l’histoire de l’Ultimate Fighting Club (UFC), s’est terminé en véritable cauchemar pour l’Irlandais, qui pour le plus grand défi de sa carrière en MMA, n’a pas été de taille. Il a été soumis pour la quatrième fois de sa carrière, cette fois au 4e round. C’est la toute première fois que le Notorious s’incline dans un combat pour le titre.

Après sa victoire éclatante, Nurmagomedov a toutefois manqué l’occasion de gagner des fans, mais a plutôt provoquer le chaos en s’attaquant au coéquipier de McGregor, Dillon Danis, entrainant un mouvement de foule. Le combattant russe risque de lourdes sanctions.

A l’image de McGregor, les organisateurs de la soirée, et toute la ligue UFC, sortent amoindris de cet UFC229,  à commencer par président de la plus prestigieuse ligue MMA « Dana White »

En termes d’image et de Marketing ;  

La dérouillée de McGregor apportera avec elle son lot de pertes financières, McGregor dont l’aura, dépasse très largement le cadre du sport, était devenu le produit phare de l’entreprise UFC, et l’enfant chéri de Dana White, président de la firme.

Très populaire, et à la tête d’une fan-base trés « puriste » dans sa façon de l’aimer, Conor Mcgregor est très « Bank able », et ses combats génèrent beaucoup d’argent, à l’image de celui face à Floyd Mayweather en août 2017 ; La déroute face à Khabib Nurmagomedov, ce 7 octobre 2018, à l’occasion de l’UFC 229, terni un peu cette image de superstar, et de super combattant, et conforte les thèses des « Anti McGregor » qui doutent de son géni en Arts Martiaux, et dont l’orgueil est insoutenable… surtout que ce dernier avait fait de ce combat une affaire personnelle, et un combat de « vie », à travers toutes les provocations dont il a été l’acteur des mois avant l’échéance, poussant Khabib dans une démarche tout aussi émotionnelle et personnelle. Khabib Nurmagomedov, lequel incarne en général, la simplicité, et l’humilité… une caricature du combat entre le bien et le mal, le blanc et le noir, le Yin et le Yang, une  recette qui marche bien…

L’irlandais plus qu’à son accoutumé, avait « poussé le bouchon un peu trop loin », lors des séances « trash talk » devenues monnaie courante dans le milieu de l’UFC en période de promotion des combats, il avait abordé des sujets « trop » personnels : religions, famille… l’aficionado de la guerre psychologique, dont il en sort généralement gagnant, y laissera des plumes cette fois-ci

Bien sûr, ce n’est pas la première défaite de la carrière de Conor McGregor. Depuis ses débuts en arts martiaux mixtes (MMA) en 2008, l’Irlandais a perdu 4 fois en 25 combats, le dernier en date était en mars 2016 face à l’Américain Nate Diaz, et celui qu’on surnomme « The Notorious » avait pris sa revanche six mois plus tard. Cependant,  la défaite contre Khabib Nurmagomedov pèsera plus lourd, tant elle relève presque de la « correction », que du fait que l’Irlandais ne soit pas sure d’avoir une chance de rédemption…

Le chaos qui a suivi le combat a poussé l’UFC à annuler la remise de ceinture des poids légers et à évoquer des menaces de sanctions, voire de suspensions, envers Khabib. Quant à Conor McGregor, il a esquivé micros et caméras, commentant sur Twitter : « Coup dur. Hâte d’avoir la revanche. » Avant d’ajouter : « Nous avons perdu le match mais gagné la bataille. La guerre se poursuit. »

 

Faut-il enterrer Conor McGregor ?

Contractuellement, Conor McGregor doit encore combattre cinq fois sous la bannière de l’UFC.

Pour Bertrand Amoussou, président de la Commission Française des Mixed Martial Arts (CFMMA), d’un point de vue strictement sportif, le natif de Dublin a encore les moyens de revenir au top, il ne s’inquiète pas pour l’icône de la discipline : « Ça peut arriver à tout le monde de faire un combat en demi-teinte. Il ne faut pas enterrer McGregor. Nurmagomedov a fait ce qu’il savait faire le mieux. A partir du moment où McGregor ne trouvait pas la solution pour le toucher, c’était clair que le combat allait être comme ça ».

« Ça faisait deux ans que McGregor était éloigné de la cage, rappelle de son côté Gilles Arsène consultant en sports de combats pour le groupe RMC Sport. Il s’est entraîné mais il est arrivé avec une condition physique insuffisante . Et puis au niveau du striking (les différentes techniques de boxe, boxe thaï et kick-boxing), qui est son point fort, on ne l’a pas vu excellé comme il le faisait par le passé. On l’a vu plutôt lent, statique. Même dans son propre domaine, il n’a pas été excellent. Ça prouve un manque de préparation, de cage, de ring. Il a été un peu rattrapé par la réalité ».

Pour autant, Gilles Arsène ne doute pas du talent de Conor McGregor. « Et puis, c’est quelqu’un de très orgueilleux. C’est indéniable qu’il va vouloir sa revanche. Il n’a pas le choix s’il veut que sa légende se poursuive. Il doit laver l’affront ».