Affaire Khaled Drareni : « un procès politique » pour un journaliste

Ce lundi 3 août s’est tenu le procès du journalistes Khaled Drareni et des deux militants Samir Belarbi et Slimane Hmitouche, les trois poursuivis pour « incitation à un attroupement non armé » et « d’atteinte à l’unité du territoire national ». Le procureur de la république près le tribunal de Sidi M’hamed a requis quatre ans de prison ferme, une amende de 100 mille dinars ainsi que la privation de leurs droits civiques. La prononciation du verdict final a été quant à elle reportée jusqu’au 10 août prochain.

Dans cette affaire, les avocats ont recensé de nombreux vices de forme depuis l’arrestation des accusés. Parmi elles, absence de certificat médical, absence du nom d’un officier sur le PV d’audition. Selon la défense ces manquements abrogent toute procédure judiciaire à l’encontre de leurs clients.
Un autre dépassement relevé cette fois-ci par l’avocat Abdellah Haboul qui a suscité l’indignation auprès des présents dans la salle.

En effet, le 7 mars dernier 33 personnes ont été présentées devant le procureur dans la même affaire sauf que la police judiciaire et à la demande du parquet a ouvert un nouveau dossier comportant uniquement les trois détenus (Drareni, Hmitouch, Belarbi) ce qui est illégal d’après les avocats.

Interrogatoire du journaliste

En raison de la crise sanitaire liée au coronavirus, le correspondant de TV5 Monde et de Reporters sans Frontière RSF a comparu hier en visio-conférence depuis la prison de Kolea, situé à l’ouest de la wilaya d’Alger.

Les questions de la juge étaient axées principalement sur sa couverture du hirak, et ses publications Facebook dans lesquelles Khaled Drareni aurait « critiqué » les autorités.

En réponse aux accusation, Drareni affirme qu’il faisait son « travail de journaliste indépendant et libre ».
Le journaliste poursuit en déclarant : « J’ai couvert toutes les marches, y compris les manifestations pro-gouvernement… Quand je permets aux lecteurs d’accéder à l’information, qui est un droit constitutionnel. Je protège l’unité nationale » Khaled Drareni rejette ainsi l’accusation d’atteinte à l’unité nationale.

La juge expose à Khaled des publications critiques au système, le journaliste répond : « Je suis journaliste et citoyen et j’ai le droit de donner mon avis. Mes publications ne contiennent pas d’insultes ».

Interrogé sur sa présence lors de la manifestation du 7 mars 2020 (jour de son arrestation), Khaled Drareni a expliqué : « J’habite sur la rue Didouche Mourad, j’ai entendu la voix des manifestants et je suis descendu pour couvrir la manifestation dans le cadre de mon travail de journaliste ».

Avant la levée de l’audience, Khaled Drareni déclare : « Malgré les menaces et les pressions qui n’ont jamais cessé, mon nationalisme reste dans mon cœur et dans l’exercice de mon métier avec fidélité. Et je continuerai à accomplir ma mission, pour l’honneur de ma famille, et l’honneur de mon noble métier. Merci aux avocats ».