A l’aube d’une élection présidentielle, comment le gouvernement compte-t-il gérer la question économique, qui voit rouge depuis plusieurs exercices ?

Invités du studio Radio M pour l’émission Café des Experts Economiques CCE, les économistes Mourad Goumiri et Ferhat Ait Ali ont parlé des enjeux économiques et financiers à l’aube d’une élection présidentielle 2019.

La problématique étant la gestion de la balance des paiements, déficitaire depuis plusieurs exercices, il s’agissait lors de cette émission de savoir quelle sera l’approche du gouvernement face à cette problématique ?

Pour Mourad Goumiri, professeur en sciences économique : l’état ne peut se permettre d’augmenter ses dépenses, et appliquer la politique ‘de la vérité des prix’ : « ca sera une loi de finance spéciale élections présidentielles… » A-t-il déclaré, « dans ce cadre la, c’est l’importance de l’événement politique qui prime sur une rationalité économique, qu’on aurait pu imprimer dans le cadre de la loi de finances 2018… autrement il y aura un impact certain sur la population, et ce n’est pas bon pour les intérêts politiques »

« Après la déstructuration de la pensée politique en Algérie, la volonté populaire ne pourra jamais constituer un véritable levier de changement, les élections présidentielles de ce fait ne dépendent pas d’une quelconque « réussite économique », cependant ce qui dérangerait certains cercles de décision, c’est qu’avant cette échéance, un incident puisse entrainer une étincelle, et ca le pouvoir en est conscient… » Avait déclaré Ferhat Ait Ali.

Pour les experts donc, le gouvernement algérien évitera à tout prix l’étincelle, il faudra donc maintenir une façade à travers la loi de finances 2019…

Mourad Goumiri : « Il faudra prétendre répartir la fameuse fiscalité pétrolière entre les différents secteurs, et si on n’a pas suffisamment d’argent, l’imprimerie de la banque d’Algérie fonctionnera à plein régime, et fera office de « palliatif » à l’économie, jusqu’à ce qu’on passe ce cap « électoral » et après on verra… mais personne n’est en mesure de dire : on verra quoi?… »