10 touristes algériens victimes de racisme et refoulés sans raison de Bulgarie

Un groupe de neuf touristes voyageant en groupe, composé de jeunes Algériens de multiples âges et métiers, ainsi qu’un autre voyageant seul, ont entamé le 19 aout dernier un long voyage qui devait leur permettre de visiter plusieurs villes de Bulgarie : Sofia, Plovdiv et Sunny Beach. Le long voyage commence par Rome, étape nécessaire pour rejoindre la Bulgarie, en l’absence de vol direct d’Alger.

Arrivés à l’aéroport international de Sofia, le groupe d’Algériens en règle et en confiance fera face à une police aux frontières bien plus que zélée. La policière pose une série de questions à Ahmed, le premier touriste qui s’est présenté au poste de police, jusque-là rien d’anormal. Après l’avoir fait patienter plusieurs minutes, le temps d’une communication téléphonique donnée par la policière, cette dernière lui demande si les passagers qui étaient derrière lui (en l’occurrence les huit autres touristes qui l’accompagnaient) dans la queue étaient avec lui, et s’ils étaient tous Algériens. A sa réponse affirmative, la dite policière appelle un de ses collègues qui se charge, sans ménagement et avec dédain, de récupérer les passeports de tout le groupe de touristes et sans même prendre la peine de les saluer ou de les regarder, de les diriger et de les confiner dans un petit espace, sorte de cagibi, au sein des locaux de la police aux frontières, où, à notre grande surprise, le dixième Algérien (voyageant seul) les rejoint.

Après avoir fait attendre le groupe près d’une heure, un autre pafiste, apparaissant comme leur responsable, se présenta, muni d’une feuille blanche, et leur demanda de détailler leur séjour en Bulgarie, ce que firent les touristes Algériens.
Après une attente de deux heures supplémentaires, deux policières reviennent et les informent de la décision des autorités aéroportuaires de les refouler vers Rome; un refoulement signifié sur un document rédigé en bulgare, et que les Algériens ont refusé de signer. A la question sur la raison motivant ce refoulement, la pafiste leur déclare carrément et crûment :  » Nous ne voulons pas de vous dans notre pays ». Il est clair qu’à travers une telle décision prise à l’encontre de tous les passagers algériens présents sur le vol, ceux sont les Algériens qui étaient ciblés, sans raison aucune, ni distinction.


Munis de visas en bonne et due forme délivrés par l’ambassade de Bulgarie à Alger, de visas Schengen et d’un titre de séjour en France pour deux d’entre eux, et d’assez de liquidités et de tous les documents de voyage, les Algériens auraient pu être refoulés selon les règles en vigueur, mais ce fut, malheureusement, tout à fait le contraire. Bien plus, à aucun moment, les représentants de la PAF bulgare, n’ont questionné les touristes, ni sur les ressources financières, ni sur les confirmations de réservations d’hôtels dont ils disposaient.

On les place aussitôt dans des cellules de l’aéroport après avoir demandé au préalable de séparer les filles des garçons, chose que le groupe a catégoriquement refusé. Des cellules sales avec des draps tachés de sang, nous dira Ahmed, un des malheureux voyageurs. Les jeunes touristes parviennent tout de même à l’aide d’un portable qui porte un numéro français de lancer un message d’alerte via le net.


L’ambassade d’Algérie à Sofia interviendra dès le lendemain, par le biais de son Chargé d’affaires par intérim, diplomate qui, en raison des tergiversations et dérobades de la PAF bulgare, n’a pu être reçu par aucun responsable de l’aéroport pour lui expliquer les raisons du refoulement.

Faute de places disponibles sur les vols en partance pour Rome, les Algériens regagneront la capitale italienne en deux groupes, soit après un enfermement au niveau de l’aéroport de Sofia, de 48 heures pour une partie du groupe, et de 72 heures pour la seconde partie.

Dès son retour à Alger, le groupe de touristes s’est rendu à l’Ambassade de Bulgarie et au ministère des Affaires étrangères.
Au niveau de l’Ambassade bulgare, le groupe a été reçu par le consul, qui, tout d’abord , en tant que diplomate se fendit en excuses; excuses qui n’effacent nullement, ni ne peuvent excuser le comportement indigne et raciste de la PAF bulgare. Face aux différentes interrogations et questionnements des membres du groupe sur la situation vécue et ses conséquences, il fit part de sa promesse et de sa disponibilité à saisir les autorités concernées de son pays et de revenir vers le groupe dès qu’il aura eu une réponse.

Quant au niveau du ministère des Affaires étrangères, le groupe, n’a, malheureusement, pas pu rencontrer de responsable pour lui faire part de, vive voix, de la mésaventure vécue. Aussi, un courrier a été déposé officiellement au niveau du dit Ministère, en plus d’une saisine par voie recommandée, en plus du fait que l’affaire est connue en détail par l’Ambassade d’Algérie en Bulgarie.

Même si les raisons de cette expulsion restent encore obscures, tout porte à croire que le seul fait d’être Algérien est en soi un tort pour les autorités aéroportuaires bulgares qui n’ont pas caché leur racisme.

Ahmed et ses amis, très atteints par cette humiliation injustifiable, ne comptent pas s’arrêter et sont déterminés à porter cette affaire à l’opinion publique afin de l’informer et que des mesures soient prises pour réparer le préjudice moral qu’ils ont subis.